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Apprentissage : je n'ai pas décoléré depuis la semaine dernière !

Vous avez entendu le gouvernement : il faut développer l'apprentissage, devenu la panacée à tous les problèmes, de formation, d'emploi ... à moins que cela ne soit une manière de faire quelques cadeaux au patronat comme avec ce décret TPE jeunes apprentis dont je vous ai parlé dans un précédent article, à retrouver ici.
Ordre a été donné aux services de l'Etat de développer l'apprentissage aussi ! Pas question pour moi de critiquer par principe : je sais trop ce que l'apprentissage a apporté à certains, le besoin, à un stade ou à un autre des études de mettre en pratique ce qui est appris, sans parler des questions de financement, qui seraient beaucoup mieux réglées par une allocation d'autonomie de la jeunesse permettant aux jeunes un vrai choix sur le mode de formation, évitant d'ailleurs à certains de choisir une formation uniquement parce qu'elle est possible en apprentissage.
Pas question de critiquer par principe, mais toutes les discussions que j'ai pu avoir m'ont amenée à deux postulats :
- la prolongation de la scolarité obligatoire jusqu'à 18 ans (et donc pas d'apprentissage avant, ce qui n'exclut pas des stages en entreprises) est nécessaire vu les transformations de la société et ce qu'elle impose en terme de savoirs complexes nécessaires pour nos jeunes.
- la mixité (mettre dans le même groupe de formation des jeunes sous statut scolaire et d'autres en apprentissage) n'est possible qu'avec des jeunes ayant déjà une grande autonomie dans leur travail, donc à priori en post-bac, voir sans doute plutôt dans les niveaux licence et master
Sauf que quand ordre est donné aux services de l'état,  il faut faire du chiffre ! Prendre des apprentis dans les services et se retourner vers la région pour lui demander d'ouvrir en apprentissage la section correspondante. C'est ce qu'a fait l'Education Nationale ! Première ligne des demandes à la région vues la semaine dernière : l'ouverture d'une place en CAP agent de propreté au lycée Armand Malaise pour un/une jeune qui va être apprenti à l'inspection d'académie des Ardennes. En résumé, l'inspection d'académie va faire faire son ménage à bas coût par un/une jeune qui se retrouverait seule apprentie dans une classe de CAP, à louper des cours parce qu'il/elle travaille et que l'on voit mal comment les profs vont pouvoir modifier leur organisation pour un seul , d'autant plus que l'année scolaire a déjà débutée ! Vraisemblablement en CAP il doit s'agir de quelqu'un qui n'a pas une grande autonomie vis à vis de l'apprentissage des manières scolaires, français, mathématiques. Bref, c'est sans doute l'échec assuré au CAP ! Et quand on pose des questions,  il semblerait que les jeunes concernés par ces demandes de l'Education Nationale (je ne vous ai détaillé que le cas de la première ligne des demandes) soient en fait en formation dans les lycées depuis le début de l'année et que c'est là que l'Education Nationale a été les chercher : ils ne sont donc pas inscrits comme demandeurs d'emploi et cela ne va donc pas retirer un seul chômeur de la liste, aider un seul jeune en galère, mais la fonction publique va contribuer à augmenter le nombre d'apprentis ! J'appelle cela de la communication ou pire même, de la tromperie, au détriment des jeunes, d'où les raisons de ma colère.
Apprentissage toujours : le gouvernement a pondu une réforme du financement dont il est bien difficile de mesurer les conséquences. C'était simplement politicard, permettant de faire passer par les caisses des régions de l'argent qui allait auparavant directement aux CFA. Là les régions le reçoivent et le reversent ! Cela n'enrichit personne, mais cela a permis aux potentats locaux que sont certains présidents de région de dire qu'ils avaient une nouvelle recette, dynamique, puisque fonction de la masse salariale. Comme chacun sait, les salaires augmentent beaucoup en ce moment et ce dynamisme va augmenter les recettes des régions ! Les possibilités pour les entreprises de verser leur taxe d'apprentissage aux lycées professionnels ou à des universités ont aussi été réduites : il faut privilégier l'apprentissage !
Mais comme cette réforme du financement n'a été que de la pure communication, pour les présidents de région les plus naïfs, et pour les partisans de l'apprentissage à tout prix, aucune projection n'a été faite des conséquences réelles de cette réforme, et comme les versements sont échelonnés dans le temps, il est bien difficile de dire qui vont être les gagnants ou les perdants.
On devait voter aujourd'hui à la commission permanente du conseil régional des compléments de subvention à des CFA, fonctions d'éventuelles pertes de recettes directes de taxe d'apprentissage qu'ils auraient eu. Les chiffres m'ayant parus un peu curieux, j'ai demandé ce matin quelques explications et surtout que les services de la région veuillent bien nous indiquer le bilan global pour la région de cette réforme entre recettes nouvelles mais aussi dépenses nouvelles. J'ai eu la surprise d'apprendre cette après midi que le rapport était retiré ! Ce n'était pas mon but, car sans doute certains CFA avaient besoin de cet argent, mais apparemment pas autant qu'indiqué dans le rapport, tout du moins pour tous. Je n'ai même pas envie de critiquer les services de la région qui avaient du préparer le rapport il y a trop longtemps ! C'est le gouvernement qui a induit cette réforme où plus personne ne comprend quelque chose ! C'était quand même une dépense de 1,2 millions d'euros pour la région ! Cela mérite d'être justifié par un vrai besoin des CFA ! A suivre.

Catégories : Education, formation Lien permanent 0 commentaire

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