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Le blog de Michèle Leflon

  • Merci Monsieur Fillon ! Votre ignoble conception de la protection sociale a le mérite d'avoir ouvert un débat intéressant !

    Réserver la sécurité sociale aux cas graves pour mieux enrichir les complémentaires du monde de la finance ! Cette idée, atrocement réactionnaire, qui casse les solidarités, a eu le mérite de mettre la protection sociale au premier plan des débats politiques du moment.
    Au fait, comment Monsieur Fillon, vous pouvez trancher entre un cas grave et un pas grave : la grippe actuelle est un bon exemple. Ah, c'est vrai, vous avez rétropédalé ... sauf que vous avez montré votre vrai visage et que mes amis catholiques hurlent devant l'image d'une religion pour les riches que vous donnez de la leur, qui veut être la défense des pauvres.
    Cela a permis aux Français de démontrer leur attachement à la sécurité sociale, car même si  le texte proposé par André Grimaldi était pauvre dans son contenu - un peu du tout sauf Fillon - l'engouement provoqué par cette pétition est un symbole fort.
    Et depuis chacun y va de sa conception de la sécu.
    C'est avec plaisir que les communistes voient que leur proposition de 100% sécu est reprise : 100% sécu, cela veut dire, le remboursement des soins prescrits à 100% par la sécu. Plus besoin de mutuelles, qui peuvent utiliser le remarquable réseau de militants qu'elles ont pour autre chose, l'éducation à la santé, l'expression démocratique des besoins de santé, le suivi des réalisations ..., des choses bien plus intéressantes pour l'humain que de la gestion financière et commerciale dans le cadre défini par l'Europe de mise en concurrence avec les complémentaires privées et les banques.
    Cela serait une économie, car c'est à la fois économiser la double gestion sécu/mutuelle (et celle des mutuelles est beaucoup plus chère) et économiser sur des retards de traitement liés à des restes à charge. Cela ne veut pas dire qu'il ne faut pas plus d'argent pour la protection sociale, mais simplement qu'avec un peu plus et le 100% sécu, on peut faire beaucoup plus ! J'y reviens à la fin de cette article.
    Récemment Martin Hirsch, ancien ministre de Fillon (!) et Didier Tabuteau, économiste de la santé, ont publié une tribune dans Le Monde "Créons une assurance maladie universelle". Ils veulent : "étendre l’assurance- maladie à l’ensemble des dépenses de santé, en incluant dans la Sécurité sociale la couverture complémentaire, aujourd’hui essentiellement assurée par les mutuelles et les assurances. Il s’agit ni plus ni moins d’étendre à l’ensemble de la France, en le complétant, ce qui existe déjà en Alsace-Moselle." Je frémis un peu quand j'entends ces gens connus pour leurs engagements libéraux défendre ce qui peut apparaître comme proche du 100% sécu car un bel affichage est toujours possible, associé à une réalité beaucoup moins belle comme pourrait l'être, non pas le remboursement de tous les soins prescrits, mais celui d'un panier de soins. Je prends un exemple. La sécu pourrait rembourser à 100% un appareil auditif  ... du siècle dernier. Et le remboursement des appareils modernes plus couteux ... et plus performants (la technologie évolue très vite) serait réservé à ceux qui auraient pris une "surcomplémentaire" et comme il n'y aurait plus de mutuelle, ce serait obligatoirement auprès d'un organisme privé alimentant les actionnaires, le monde de la finance n'étant ainsi pas lésé (il y a évidemment bien d'autres choses à mettre sur le compte des surcomplémentaires, le forfait hospitalier, les soins dits de confort ... si indispensables à certains souffrant de maladies chroniques). Et puis il y a le "comment on finance ?". Ceci dit, cela fait plaisir de voir que la proposition du PCF du 100% sécu inspire si largement !
    Il y a Jean Luc Mélenchon aussi qui reprend la proposition du 100% sécu ! Là, beaucoup moins de craintes que ce ne soit pour alimenter indirectement le monde de la finance, car on sait que ce n'est pas que le financement d'un panier de soins, mais bien de tous les soins prescrits.
    Et en plus il donne des éléments de financement : il faudrait trouver 16 milliards d'euros par an (les dépenses non remboursées, selon les chiffres officiels, payées directement par les malades). Il en trouve 8 en supprimant les dépassements d'honoraires, 6,5 dans les frais de gestion des mutuelles et 3,5 dans les exonérations fiscales des mutuelles. Lui aussi veut s'aligner sur le système d'Alsace-Moselle.
    C'est un peu simpliste, mais c'est malgré tout la seule expression d'un candidat à la présidentielle qui tienne la route sur le sujet !
    Simpliste, parce qu'il faut trouver plus de 16 Mds : il y a tout ce que les gens ne se paient pas ... parce qu'ils n'en ont pas les moyens, les budgets des hôpitaux à augmenter très sensiblement ... ; simpliste, car si on supprime les dépassements d'honoraires il y a des actes à réévaluer, car les dépassements d'honoraires, c'est à la fois des excès de certains médecins, mais aussi quasiment une obligation pour d'autres, les gouvernements successifs ayant poussé la sécu à ne pas augmenter certains tarifs en s'abritant hypocritement derrière cette possibilité de dépassements d'honoraires ; simpliste car on n'économisera pas tous les frais de gestion des mutuelles - la sécu a besoin de renfort - et que les exonérations fiscales de quelque chose qui n'existe plus j'ai du mal à comprendre comment ça donne des sous !
    Ceci dit, il est possible de financer le 100% sécu !
    Déjà une précision : dans le système tel qu'il a été conçu en France par Ambroise Croizat, la protection sociale a un rôle fort dans le partage des richesses entre le travail et le capital et tout déplacement de la cotisation vers la fiscalité (ou la CSG, qui fait partie de l'impôt) contribue à enrichir le capital au détriment de la rémunération du travail. Et depuis 20 ans, le pourcentage de ce qui revient au capital a augmenté au détriment des salaires. Et cela est valable aussi en Alsace Moselle, où la seule différence est une cotisation salariale plus importante (en lieu est place d'une cotisation à la sécu et d'une cotisation à la mutuelle), avec, de fait, des économies de gestion. De plus, le capital investit de moins en moins, préférant jeter l'argent par les fenêtres en le donnant aux actionnaires ! Si l'on n'inverse pas ces mécanismes, notre pays va continuer à s'appauvrir, rendant illusoire tout progrès social.
    Les communistes proposent donc de faire cotiser les revenus financiers des entreprises (le coût du capital), à la même hauteur que les salaires. Selon les comptes de la Nation 2015, il y a 313,7 milliards d'euros de revenus financiers des entreprises et des banques. Leur mise à contribution rapporterait 41 milliards à l'assurance maladie (26 pour la retraite et 16 pour la branche famille). On est très largement au dessus des 16 milliards nécessaires pour compenser les dépenses payées par les malades et il y a donc une bonne part pour l'amélioration des soins. Cela serait en plus vertueux, réorientant le capital vers l'investissement plutôt que le placement financier ! Parallèlement, le PCF propose d'en finir avec les exonérations et de moduler les cotisations patronales pour faire payer plus ceux qui ont des conduites anti emploi et anti environnement.

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  • Loi El Khomri, grippe et hôpital, ce n'est pas la décence qui étouffe les socialistes !

    Les sénateurs et sénatrices communistes ont eu, la semaine dernière, deux initiatives fort intéressantes, l'une pour la suppression de la loi El Khomri, l'autre sur l'hôpital.
    J'aime mieux être dans la proposition que dans la polémique, mais là, vraiment, trop, c'est trop : l'abord de ces questions par le PS est indécente et je tiens à vous la raconter !
    Sur la loi El Khomri tout d'abord : le 49.3 à l'Assemblée Nationale, la droite au Sénat qui avait complètement réécrit la loi, cela n'avait pu permettre une expression claire des élus socialistes. Mercredi dernier, la question était claire, puisque la proposition de loi déposée par le groupe communiste au Sénat ne comportait qu'un article abrogeant la loi El Khomri. Les sénateurs socialistes ont dans leur immense majorité témoigné de leur soutien à cette loi infâme ! (sauf Henri Cabanel, Jérôme Durain, Gisèle Jourda, Marie-Noëlle Lienemann qui ont voté pour la proposition du groupe communiste),
    Jeudi, le débat, prévu depuis longtemps, était en plein dans l'actualité ! A la demande du groupe communiste, il s'agissait d'un débat sur l'hôpital. Les socialistes se sont exprimés par la voix de Catherine Génisson. Après avoir passé en revue tout ce que le gouvernement a fait pour l'hôpital (je ne reviens pas là dessus - tout demanderait commentaire, tellement il s'agit d'imposture), elle reconnaît que "les conditions de travail au sein de l’hôpital sont difficiles" et d'en donner comme première raison l'agressivité des patients. Suivent les cadences de travail, puis le sentiment de perte de reconnaissance. La mise en cause des patients est scandaleuse ! Même si l'agressivité augmente, elle reste très marginale. Il convient d'ailleurs de se demander si cette augmentation n'est pas largement favorisée par la méfiance entretenue dans la population vis à vis des fonctionnaires (enseignants, hospitaliers ...) par les médias et les gouvernements successifs pour favoriser des coupes sombres dans les services publics. Le patient bouc émissaire des difficultés des conditions de travail à l'hôpital ! Et la suite témoigne bien de la méconnaissance totale de la réalité de la souffrance au travail des soignants : ce n'est pas de reconnaissance dont ils ont besoin (sans doute une manière aussi pour C. Génisson de critiquer les patients qui ne diraient pas assez merci). Ce dont les soignants ont besoin, c'est de ne plus avoir constamment en tête l'idée qu'ils font mal leur travail parce qu'ils n'ont pas de temps, parce qu'il y a contradiction entre les besoins des malades et les consignes données pour faire des économies ...
    L'épidémie de grippe actuelle montre bien à quel point l'hôpital va mal. Une fois de plus les lits sont en nombre insuffisant. La seule chose qui a changé par rapport aux années précédentes, c'est la communication ministérielle : M Touraine a choisi de prendre les devants, pour dramatiser l'épidémie, espérant ainsi éviter les critiques ... sauf que, comme ces prédécesseurs, elle n'a pas compris que la maladie ne s'adapte pas aux contraintes économiques et qu'il n'est pas possible d'avoir des taux d'occupation des lits hospitaliers proches de 100% toute l'année, car il y a des moments (la grippe, mais il y a aussi le verglas, la gastro, la chaleur ...) où il en faut plus qu'à d'autres.
    Et je vous passe la répétition des messages sur la grippe à la radio : si vous avez le moindre soupçon de grippe, ne sortez pas ! N'allez donc pas travailler ! C'est bien contradictoire avec les jours de carence des arrêts maladie et les reproches pour absentéisme. Culpabiliser, culpabiliser ... il y en a marre !

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  • "Déserts médicaux" : l'urgence d'une approche nouvelle

    La situation actuelle est connue et dramatique : avec le départ à la retraite des derniers médecins généralistes formés avant la mise en place du numerus-clausus, de plus en plus d'habitants des villes et des campagnes n'ont plus de médecins traitants ! Le débat est sur la place publique. Mais ce n'est que l'aspect le plus visible !
    Comment et pourquoi cette situation ? Quelles solutions ? Ce qui suppose quelques mots sur le système de santé souhaité et les transformations nécessaires de la formation.

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  • Débattre et rassembler pour redonner espoir en la gauche avec la candidature de Jean Luc Mélenchon

    Vous avez vu ma carte de voeux : " Votre salut est entre vos mains, votre délivrance ne dépendrait que de vous si vous saviez bien vous entendre tous ...". Jean Meslier, ce précurseur du communisme, écrivait cela il y a bientôt quatre siècles ! La bourgeoisie a remplacé la noblesse ... mais l'oppression de ceux qui ne possèdent pas les richesses de notre monde perdure sous des formes changeantes avec le temps, mais avec toujours les inégalités, avec toujours le dédain de ceux qui prétendent savoir pour les autres, tout simplement parce qu'ils se sont accaparés les lieux de décision.
    Et sans doute avec encore plus d'inégalités ! Les progrès scientifiques, techniques ont fait qu'on vit mieux qu'au XVIIème siècle mais ce progrès est très inégalement réparti : d'après l'ONG OXFAM "Depuis le début du XXIe siècle, la moitié la plus pauvre de la population mondiale a bénéficié de seulement 1 % de l'augmentation totale des richesses mondiales, alors que les 1% les plus riches se sont partagé la moitié de cette hausse. La France n’échappe pas à cette tendance puisque les 10% les plus riches ont accaparé 54% de l’augmentation des richesses entre 2000 et 2015.
    Si nous savions bien nous entendre ...
    Le feu est là
    Les élections présidentielles approchent. Voulons nous en France un remake des élections américaines, un remake de 2002 avec un second tour Fillon/Le Pen ? Serions nous la gauche la plus bête de la planête ?
    Le PS a montré l'échec de sa politique de compromission ! Il a désespéré notre peuple.
    Le seul espoir du changement cette année, c'est la candidature de Jean Luc Mélenchon.
    Alors, vous allez me dire : pas d'accord sur ça, ça ou ça. Oui, évidemment, moi aussi, je ne suis pas d'accord avec tout son programme. Je l'ai écrit ici d'ailleurs et je ne renie rien de ce que j'ai écrit. Je vais peut être d'ailleurs vous faire ici dans quelques jours la critique de son programme santé : car j'en ai des critiques ... mais ce programme est tellement meilleur que celui des Fillon/Le Pen
    Déjà, il veut changer la constitution : rien que cela, avec son élection, ouvrirait des possibilités nouvelles démocratiques et permettrait de discuter les points sur lesquels on a des désaccords !
    Et puis, il veut une autre répartition des richesses, et ça c'est essentiel pour lutter contre la misère ; il est du côté des salariés et ça c'est important pour reconnaître le travail ; il est pour les services publics et ça c'est important pour que l'on puisse mieux vivre ensemble, éduquer nos enfants, nous soigner ...; il veut mettre fin à des politiques européennes antidémocratiques fondées sur la loi de la concurrence, la mise en concurrence des peuples et ça, c'est important pour la paix et la solidarité.
    Alors, ne faisons pas la fine bouche ! Tous ensemble on peut faire la campagne, faire connaître ses propositions, enrichir les idées communes ou moins partagées par le dialogue et surtout redonner espoir. Car tous ensemble, on peut y arriver : c'est 99% de la population française qui a intérêt à son élection !
    Rassemblons, rassemblons ! Bien au delà de la France Insoumise, mais avec les militants de la France Insoumise, avec les militants communistes, avec tous ceux qui veulent un pays de justice sociale, un pays où il fait bon vivre, sans exclusive, sans arrière pensée, ce qui n'empêche pas de continuer à débattre et le PCF l'a dit : il fera une campagne autonome car il a des propositions à faire connaître. Le débat, c'est la garantie d'un vrai mouvement démocratique et une condition nécessaire pour redonner l'espoir qui manque tant ! Ne faisons pas une campagne petits bras ! Tous ensembles !

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  • Bonne année 2017

    Bonne année, bonne santé !
    Cette année, j'ai choisi un paysage des Ardennes pour présenter mes vœux avec un conseil toujours d'actualité d'un illustre Ardennais (le curé Meslier vivait à l'époque de Louis XIV)!
    Faisons de 2017 une année de paix et de fraternité.

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