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Le blog de Michèle Leflon

  • Humeur du jour : avec la droite, une drôle d'image de la démocratie

    Deux faits du jour : au conseil général et à Charleville-Mézières
    Le conseil général a désigné son nouveau président, le précédent ayant préféré le Sénat. C'est à peine plus qu'un fait divers, car un président de droite va remplacer un président de droite et cela ne devrait donc pas notoirement changer la politique du conseil général. Mais cela a été l'occasion de division de la majorité de droite, dont on aimerait savoir les causes, s'il y avait des projets différents. A défaut, tout porte à croire qu'il ne s'agit que de conflits de personnes, de carriérisme ! Triste image de ceux qui sont sensés nous représenter et qui décident pour nous des politiques départementales. C'est vrai que l'absence de proportionnelle lors de l'élection des conseillers départementaux ne permet pas une vraie représentation des Ardennais !
    A Charleville-Mézières, mercredi prochain, étaient prévues les élections pour les conseils citoyens. Dans mon secteur, mais c'est le cas dans d'autres secteurs de la ville, le manque de candidat a conduit à l'annulation de ces élections : il y en a moins que de postes et ils sont donc tous désignés ! C'est le résultat de trois ans d'une tutelle écrasante de la municipalité, qui n'a pas permis aux conseils citoyens de jouer un vrai rôle d'animation de la démocratie dans leur quartier et de favoriser l'expression de toutes et tous. Beaucoup se sont demandés l'intérêt de participer à une telle institution ! Pour ma part, j'avais décidé de ne pas baisser les bras et voilà la profession de foi que j'avais faite et qui sera ma ligne de conduite :
    Démocratie participative : chacune et chacun a son idée pour mieux vivre dans le quartier, mieux régler les problèmes du quotidien mais ne prend pas le temps, ne sait pas où ou n'ose pas le dire ...
    Pour moi, le conseil citoyen doit avoir un rôle pro-actif pour promouvoir cette démocratie de proximité, faciliter l'expression de toutes et tous dans chacun des différents quartiers du secteur.
    Dans une totale indépendance vis à vis de la municipalité - mais en lien avec elle pour connaître ses projets, transmettre besoins et idées des habitantes et habitants, faire en sorte que les paroles dites ne soient pas perdues et que les projets, dans leur concret, répondent aux besoins - le conseil citoyen doit, à mon sens, impulser la démocratie du quotidien sur des sujets comme la rénovation de la place de Mézières, la politique de la ville et favoriser la mise en relation pour le bien vivre ensemble dans le secteur. C'est à cela que je vous propose de contribuer.

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  • Plan contre la désertification médicale : du bla-bla-bla

    - pas d'augmentation du numérus clausus
    - pas de réforme des études pour favoriser l'orientation vers la médecine générale
    - rien pour faciliter le développement d'un service public de médecine ambulatoire et le salariat des médecins généralistes qui seraient ainsi dégagés des tâches de gestion.
    Bref, juste un peu d'argent pour faire de la surenchère entre territoires très désertifiés et territoires à peine moins désertifiés, entre communes qui ont les moyens et communes qui n'ont pas les moyens de construire une maison médicale, bref, simplement changer un peu la carte de la pénurie : du gâchis !
    Et de la poudre aux yeux, avec la télémédecine, car évidemment, il y a là source de progrès, mais à condition qu'il y ait des professionnels pour l'utiliser !
    Le gouvernement est en pleine contradiction : son PLFSS (projet de loi de financement de la Sécurité sociale) est traversé par une volonté d'étatisation de la Sécurité Sociale, comme d'ailleurs de l'assurance chômage, avec même concrètement, pour 2018 ponction d'une partie de la CSG normalement réservée à la sécu pour alimenter les caisses de l'état (c'est tout l'intérêt pour lui du décalage entre l'augmentation de la CSG dès le 1er janvier et la baisse des cotisations salariales étalée au cours de l'année). Mais par contre, il ne veut pas que l'état prenne ses responsabilités pour lutter contre la désertification médicale et propose comme méthode de "faire confiance aux acteurs des territoires pour construire des projets et innover dans le cadre d’une responsabilité territoriale". En fait, il obéit à une logique, celle de l'argent pour les riches !
    Je ne reviens pas sur ce PLFSS. J'en ai déjà parlé sur ce blog (à retrouver en cliquant ici). La publication du texte jeudi n'a été l'occasion d'aucune surprise heureuse. Elle permet tout au plus d'apprécier à quel point tout est fait pour le patronat, avec un effet bingo pour lui en 2019 à travers la suppression des cotisations pour les salaires en dessous de 2,5 SMIC, alors qu'il bénéficiera encore du CICE, dont l'effet sur l'emploi a bien du mal a être prouvé !
    Parlons de la désertification médicale et regardons concrètement ce qui pourrait être fait :
    La suppression du numerus clausus ou tout du moins son augmentation rapide (en donnant les moyens aux facs d'accueillir les étudiants) ne résoudra pas l'urgence .. mais cela doit maintenant faire 20 ans que l'on dit que ce n'est pas la solution car elle n'agit qu'avec retard. Alors, n'attendons pas 20 ans de plus !
    La réforme des études médicales devrait permettre aux étudiants, non pas d'avoir des enseignements d'hyperspécialistes (ou tout du moins pas que), mais une formation plus générale, pas seulement purement scientifique d'ailleurs mais aussi en psychologie, sociologie .., leur facilitant l'approche globale de la médecine : il sera toujours temps pour ceux qui veulent se spécialiser de creuser leur domaine ! Et, sans doute, plutôt qu'un service civique pour aller porter la bonne parole de la prévention sans y avoir été formé, un stage obligatoire chez un médecin généraliste pourrait leur faire découvrir la richesse humaine du métier !
    Le développement d'un service public de santé ambulatoire, articulé sur le développement de centres de santé, répondrait à deux aspirations des jeunes médecins : le travail en groupe, mais aussi le salariat, aspiration fréquente, complètement absente des préoccupations gouvernementales, alors que le salariat décharge les médecins de tout ce qui n'est pas travail médical et simplifie grandement la prise d'un poste ! Pour mémoire, dans les maisons de santé, les médecins ont un exercice libéral et dans les centres de santé, un exercice salarié. Le gouvernement devrait donner un statut d'établissement public de santé aux centres de santé, avec pour les professionnels y travaillant un statut équivalent à la fonction publique hospitalière ou de praticien hospitalier pour les médecins (évitant les contractuels à vie, facilitant les mutations ...). Ce serait un geste fort. Et il devrait aussi impulser les créations, en s'appuyant là où les collectivités ou les mutuelles (les porteurs traditionnels des centres de santé) ne sont pas volontaires, sur les hôpitaux et tout particulièrement les hôpitaux locaux et pourquoi pas sur la Sécurité Sociale, une Sécurité Sociale rénovée, démocratisée ... Je rêve, sauf qu'il y a urgence sanitaire. La courbe est exponentielle de ceux qui se retrouvent sans médecin traitant. C'est à cause de cette urgence sanitaire que mon propos porte essentiellement sur la médecine générale, même si d'autres spécialités sont aussi très en difficulté, une raison de plus pour augmenter le numérus clausus. Face à cette urgence sanitaire, le gouvernement doit prendre ses responsabilités ! Or il ne les prend pas.

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  • Rénovation de la place de l'Hôtel de ville de Mézières : la charrue avant les boeufs

    Certes, on peut se féliciter que le maire ne s'intéresse pas qu'à la plage ducale ! Et la place de l'hôtel de ville a besoin d'un coup de neuf .... mais il devrait aussi s'intéresser à la baignade de la Warenne, aux centres sociaux, aux escaliers du Mont Olympe, pour ne citer que les dernières choses dont j'ai entendu parler ... mais je pourrais allonger la liste !
    Cette place de l'Hôtel de ville est un croisement de circulation et pas seulement le passage d'une circulation nord sud, comme il l'évoque dans son projet à retrouver sur le site de la ville en cliquant ici.
    L'avenir est évidemment à la piétonisation des centre-villes et ne pas en tenir compte pour le centre de Mézières serait un affront à l'avenir. Encore faut il s'en donner les moyens en facilitant les transports en commun. En supprimant le projet de bus à haut niveau de service fait par la municipalité précédente, le maire s'est mis une sacrée épine dans le pied ! Car sauf à diminuer la circulation automobile, fermer la place de l'hôtel de ville à la circulation promet quelques embouteillages monstres : il suffit de voir actuellement les queues de voitures en provenance du Theux le matin ou après la pause de midi ! Et, ne rions pas, pour aller de Manchester au Theux, il faudra traverser une première fois la Meuse par le Pont de Pierre, pour la retraverser par le Pont de la Victoire.
    Circulation, stationnement aussi, avec trois types de stationnement dans le quartier, celui des habitants, celui de celles et ceux qui travaillent dans le quartier, celui de celles et ceux qui viennent y faire leur course ou dans les différentes administrations. Alors évidemment, le regard se tourne vers ceux qui y travaillent, qui viennent donc pour une longue durée et pourraient, parait il, se garer plus loin et pourquoi pas sur le parking Picasso, plutôt désert. Et on triche un peu sur le temps de trajet à pied, car pour le maire, il n'existe que l'hôtel de ville, sauf que la préfecture est un peu plus loin, le tribunal encore un peu plus et pour la cité administrative, il faut bien 9 à 10 mn : vingt minutes à rajouter à la journée de travail, plutôt quarante minutes pour beaucoup avec la pause de midi ! Mais ils n'habitent pas tous Charleville-Mézières donc cela n'a pas beaucoup d'importance pour le maire !
    Pourtant des solutions existent : le succès des navettes lors du récent festival des marionnettes (certaines débordaient : il en aurait fallu de plus fréquentes à certaines heures) témoignent que les gens n'hésitent pas sur les transports en commun et elles étaient même utilisées par celles et ceux qui travaillent dans le centre de Charleville. Ah, j'oublie, elles étaient gratuites ! Mais toutes les villes qui explorent la piste du transport en commun gratuit s'en trouvent satisfaites. Ça coûte cher ? Mais malgré la récente augmentation, nous avons encore un des versements transport les plus faibles de France ! (Pour info, le versement transport est payé par les entreprises résidant sur le territoire de l'autorité organisatrice des transports). Et si le maire veut y aller en douceur, il pourrait commencer par quelques navettes aux heures de début et de fin du travail. Il serait d'ailleurs intéressant qu'il y ait une concertation entre les administrations et leurs salariés du centre de Mézières et le maire pour travailler la question du stationnement.
    Et puis, il y a les circulations "douces" comme on dit ! Alors là, le maire a un projet est ouest, le long des berges de Meuse, mais pas Nord Sud, à part sur le Pont d'Arches, sauf qu'en venant de Mohon, il faudra, soit faire le tour par la préfecture, dans le flot de voitures, soit traverser le flot de voiture deux fois, à l'entrée et à la sortie de la place de l'hôtel de ville, pour profiter de cet espace sans voiture. De fait, la possibilité de circuler en vélo diminuerait la circulation et contribuerait certainement à la qualité de vie de beaucoup de parents qui font des aller et retour en voiture alors que les enfants pourraient prendre leur vélos, pour autant qu'il y ait une continuité des circulations douces, gage de sécurité.
    J'ai entendu le plaisir des gens du quartier à ces travaux :  se réapproprier la place de l'hôtel de ville, c'est ouvrir le champ des possibles à un quartier en le sortant de la froideur des administrations pour en faire un lieu de vie, et tout simplement supprimer des obstacles à des déplacements à pied de la citadelle à la rue Monge et à ses commerçants : les feux pour la traversée sont actuellement programmés uniquement pour l'écoulement rapide des voitures sans le moindre égard pour les piétons.
    Mais ne mettons pas la charrue avant les boeufs : développons les transports en communs, les circulations douces d'abord. Le projet de rénovation de la place de l'hôtel de ville ne peut être isolé d'un plan global de circulation dans l'agglomération, pour lequel on sait que l'achèvement de l'A304 est attendu depuis longtemps, facilitant la mise en oeuvre en supprimant les circulations de transit dans la ville.

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  • Allons dire à quel point le TER n'est pas à la hauteur des besoins des Ardennes !

    Demain mercredi à 18 h à Revin, le conseil régional vient vanter les améliorations des trains régionaux !
    Si on peut se féliciter des travaux sur la ligne Givet Charleville, encore ne faudrait il pas que cela soit pour voir pousser l'herbe ! Or la régularité ne s'améliore pas ... et il y a toujours des lycéens qui restent sur le quai de Nouzonville.
    Quant à la révision de la tarification, elle a baissé les seuils de ressources permettant de bénéficier de la tarification solidaire, privant en particulier des étudiants de ces tarifs avantageux !
    RV demain à la mairie de Revin à 18 h

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  • Sans vergogne, le gouvernement met l'argent en avant plutôt que les besoins sociaux dans le projet de loi de financement de la sécurité sociale (PLFSS) !

    Avec amusement, on constate que la ministre de la santé a mis en ligne sur le site du ministère sa feuille de route juste avant le dossier de presse du PLFSS : comme on peut douter que le Premier Ministre ne lui ait pas adressé depuis un moment, cette quasi-simultanéité ferait croire qu'elle veut se dédouaner de la politique des Macron/Philippe ! Rions : il n'y a que cela de drôle dans ce PLFSS !
    Ce sont les exigences du retour à l'équilibre qui sont mises au premier plan sans la moindre hésitation, comme si c'était le but, sans la moindre préoccupation pour les besoins de la population avec sans doute une idée : renforcer le fatalisme ambiant, alors que d'autres solutions existent et que les profits des entreprises du CAC40 qui explosent montrent bien où est la voie d'une autre politique.
    Outre cette application du fameux TINA de Margaret Tatcher (There is no alternative, en Français, il n'y a pas d'alternative), ce PLFSS témoigne du changement de politique : le soutien au patronat est étalé, sans honte et ne fait même plus l'objet d'enrobage, avec des choix idéologiques forts :
    - le passage de la cotisation à la CSG, déjà connu, contre lequel les retraités ont dit hier haut et fort qu'ils n'en voulaient pas. Au delà des conséquences financières négatives pour une partie de la population, c'est un changement structurel dépossédant les salariés de ce qui était un salaire différé, leur retirant tout droit d'expression, là où il faudrait au contraire renforcer la gestion démocratique de la sécu  par le retour à des élections des administrateurs et avec des conséquences lourdes à prévoir sur l'assurance chômage. C'est aussi sortir la protection sociale de l'entreprise, privant les salariés d'un outil majeur dans la lutte des classes pour récupérer la plus value qui leur est volée, pour orienter l'économie vers la satisfaction des besoins et le respect de l'environnement. Là où le dossier de presse affirme le soutien à l'activité économique et au pouvoir d'achat, c'est bien le contraire que ce PFLSS propose : il soutient les profits et les marchés financiers, à l'opposé de ce que propose le PCF pour un cercle économique vertueux : faire cotiser les profits financiers des entreprises pour les inciter à plus investir que boursicoter, faire surcotiser les entreprises qui ont des politiques antisociales et antienvironnementales !
    - le passage du remboursement de la sécu par celui des mutuelles avec la hausse du forfait hospitalier plutôt qu'une revalorisation du financement de l'hôpital par la sécu, sans même se préoccuper de ceux qui n'ont pas de sécu et en faisant croire que ce changement sera indolore pour les autres, alors que mécaniquement il va entraîner des hausses de cotisations des mutuelles, avec ce que ces cotisations ont d'injuste par leur non-progressivité. C'est une étape vers la privatisation de la protection sociale, le déclin de la sécu.
    - la charité plutôt que la solidarité, avec quelques mesures nécessaires comme la revalorisation du minimum vieillesse ou le soutien aux familles monoparentales pour la garde des enfants, mais dont l'étroitesse des publics bénéficiaires va encore renforcer l'opposition entre très pauvres et à peine moins pauvres au lieu de contribuer à la cohésion nationale, au bien vivre ensemble !
    Pour compléter, mais il y aurait encore bien des choses à dire,
    - le retour annoncé de la sécu à l'équilibre repose en plus sur une cavalerie budgétaire menteuse : la CSG est augmentée dès le 1er janvier, tandis que la baisse des cotisations salariales ne sera complète qu'au 1er octobre. Quand à la revalorisation traditionnelle des retraites, elle est repoussée du 1er octobre 2018 au 1er janvier 2019.
    - l'accent mis sur la prévention semble plus une normalisation des comportements d'une population infantilisée qu'une vraie politique d'éducation à la santé et de réductions des risques !

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