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Le blog de Michèle Leflon

  • Coup de colère sur les choix de circulation à Charleville-Mézières

    Screenshot_20210612_112628.jpgLe petit Gonzague de ce jour m'amène à réagir, tant il décrit la situation actuelle à Charleville-Mézières. Pourtant ce billet journalier a beaucoup perdu de son intérêt : souvent, comme d'ailleurs aujourd'hui, il stigmatise les comportements.
    Mais la conclusion est là : l'auteur va échanger son vélo pour sa voiture !
    Il y a pourtant urgence climatique, urgence toute simplement pour la santé à changer nos modes de transport.
    Le vélo est un atout essentiel. Encore faut il qu'il puisse rentrer dans les mœurs dès le plus jeune âge, qu'il fasse partie de l'éducation. Mais quel parent osera laisser son enfant aller au collège en vélo, au sport ou ailleurs dans notre ville ?
    Il ne s'agit pas de stigmatiser les automobilistes, les piétons ou les vélos : chacun, qui souvent alterne les moyens de locomotion, se croit dans son bon droit
    Mais en voulant développer des pistes cyclables low cost Boris Ravignon engendre l'insécurité ! Car il ne s'agit pas d'opposer les modes de mobilité, d'insulter les cyclistes le jour où on a pris sa voiture et les automobilistes quand on prend son vélo mais bien de construire une ville en commun pour toutes et tous.
    La place de l'hôtel de ville et de la Préfecture sont un exemple d'insécurité et si les travaux peuvent expliquer certaines choses, ils n'expliquent pas tout et doivent nécessiter des précautions, évidemment des habitants, mais aussi des services de la ville. Le stop en arrivant sur la place de la Préfecture en venant du Theux a disparu : ni panneau, ni ligne blanche. La priorité aurait elle changée ? Mais rien n'indique ce changement de priorité à ceux qui viennent du porche, le seul moyen maintenant pour contourner la place de l'Hôtel de ville en allant vers Charleville. Quand la mairie s'occupera-t-elle de cela ?
    Le maire, par ailleurs candidat à l'élection régionale, préfère fanfaronner dans le quartier de Manchester avec le Préfet que de s'occuper de la sécurité routière. L'indispensable lutte contre les trafics à Manchester nécessite une police d'Etat de proximité, pas une fanfaronnade avec à la clé l'interpellation d'une pauvre femme, énervée par la perte de son RSA, faute d'accès à internet.

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  • Les élections régionales de juin : battre la droite et l'extrême droite !

    Il est temps !
    Pour l'écologie et la justice sociale dans le Grand Est.


    grandest
    L'impératif, c'est de voter contre la liste de droite de J. Rottner et bien sur contre la liste du rassemblement national : je n'évoquerai que d'une phrase celle-ci : la faillite des gouvernements successifs de la France dans la réponse aux besoins de la population laisse toute une partie de celle-ci sensible aux propositions démagogiques d'une extrême droite qui n'est qu'une alternative pour le grand patronat aux difficultés actuelles de la droite traditionnelle et qui au pouvoir le défendrait, comme Macron, tout en stigmatisant l'autre, hier les juifs, aujourd'hui les musulmans et représente un risque majeur pour nos libertés : rappelons nous Hitler, le bébé de la crise économique de 1929 en Allemagne.
    La liste de droite prend pour moi dans les Ardennes une couleur bien particulière, avec la candidature de Patricia Schneider en 4ème position, susceptible d'être élue donc. Patricia Schneider, directrice déléguée de l'hôpital Belair, est le prototype même de ces cadres hospitaliers qui font la ruine de l'hôpital public et font fuir les personnels. Est ce opportunisme pour faire carrière, ou bêtise, je ne me prononcerai pas sur la question. Mais le résultat est là ! Pour faire marcher la boutique malgré le manque de personnels, tous les moyens sont bons, mais jamais il ne s'agit de défendre le personnel, de crier les manques, d'alerter.  Non, il faut accepter des procédures dégradées, ce à quoi l'urgence peut contraindre, j'en suis consciente, tout simplement dans l'intérêt immédiat des malades,  mais sans jamais le dénoncer, sans jamais dire "une fois c'est bon, cela ne doit pas se renouveler". Car il faut plaire à la hiérarchie !
    En plus de la politique de santé des gouvernements successifs, de l'étranglement financier des hôpitaux avec comme corollaire leur manque de personnel, leur manque de matériel, de tels cadres (et elle n'est pas la seule), contribuent à pourrir la vie des personnels en leur imposant des méthodes de travail contraires à leur éthique. Patricia Schneider est sure d'avoir raison, de savoir, ce qui en soit est déjà signe de bêtise : je l'ai vu proposer à une infirmière anesthésiste de la remplacer alors qu'elle n'en n'a ni les diplômes, ni la capacité. J'ai cru comprendre qu'à Belair, elle sait faire de la psychiatrie ! Mais les personnels fuient Belair, tout simplement pour se préserver.
    Faites en sorte qu'elle ne soit pas élue. Je n'ose penser au sort des personnels de la région si elle devait avoir un quelconque pouvoir sur eux.
    Rassembler pour battre la droite et l'extrême droite tel est le but qu'il fallait atteindre dans notre région pour ces élections régionales. Cela partait plutôt bien, avec l'appel inédit. Mais c'est parti en jus de boudin ! Une vraie démarche citoyenne, pourtant annoncée, aurait supposé s'appuyer sur les lieux de réflexion et d'action que sont les partis politiques. Mais Aurélie Philipetti a préféré la carte de l'aventure individuelle. On a tous des idées géniales le soir : certaines sont bonnes, mais d'autres ne résistent pas à l'analyse de la discussion collective ! C'est tout l'intérêt d'un lieu de discussion commun, suivi, comme dans les partis politiques. Manifestement l'analyse de l'époque Hollande n'a pas été faite, sans remise en cause ni des fondements idéologiques de l'accompagnement du capitalisme, ni des pratiques favorisant les querelle des égos.
    Pour le PCF, il fallait avancer. L'ouverture des écolos était bon signe pour le but donné : rassembler contre la droite et l'extrême droite. Il a tout fait pour faire aboutir à une seule liste. Devant les difficultés il est resté fidèle à ses principes : rassembler et dès lors que les écolos l'acceptaient il fallait rassembler toute la gauche avec eux.
    Même si je regrette ce véritable gâchis (et je sais bien que dans ce genre de choses, les torts sont évidemment partagés et que le Pacte n'est pas tout blanc) j'ai accepté de manifester ouvertement mon soutien au Pacte grand Est, écologiste, citoyen et solidaire en figurant en fin de la liste des Ardennes.
    Il faut battre la droite et l’extrême droite ! J'ai vu avec horreur la casse faite par la majorité actuelle de ce que nous avions pu faire en Champagne Ardenne comme la mise en place d'un service public de formation professionnelle : pour la droite, il vaut mieux former des salariés serviles pour le patronat, avec une formation si limitée à l'intérêt immédiat qu'ils ne servent qu'à une mission !
    Dans ce domaine de la formation professionnelle, il faudrait ouvrir en nombre des places dans le domaine de la santé .... et pas en apprentissage, ce dont le secteur privé rêve pour avoir une main d'oeuvre à bon marché - une voie particulièrement inutile dans le domaine de la santé où le nécessaire compagnonnage existe sans passer par la formule de l'apprentissage - et il faudrait aussi créer des contrats de préembauche, permettant aux étudiants d'avoir un vrai salaire pendant leurs études, moyennant effectivement un engagement à l'exercice dans la région quelques années, ce qui éviterait en plus des départs à l'étranger.
    J'arrête là : le programme du Pacte est ici.

    Catégories : Ardennes, Champagne Ardenne, Education, formation, santé et protection sociale Lien permanent 0 commentaire
  • Pour E. Macron, l'hôpital n'est qu'un outil de com !

    Macron utilise des pratiques d'un autre âge : l'annonce de crédits supplémentaires et l'annulation des suppressions de postes au CHU de Reims est une bonne nouvelle. Mais franchement, la distribution des millions, obtenus de haute lutte par les personnels hospitaliers et les usagers, au gré des voyages présidentiels ou ministériels, est insupportable. Cela témoigne de l'absence totale d'une vision globale des besoins, d'une stratégie élaborée démocratiquement pour remédier à la crise de l'hôpital.
    Les annonces d'hier comprennent des lits supplémentaires de réanimation à Charleville-Mézières : espérons que cela ne soit pas que la transformation de lits de surveillance continue, que ce ne soit pas seulement une entourloupe de vocabulaire.!
    En attendant, les Ardennais n'ont toujours pas de service de coronarographie : l'infarctus du myocarde n'est pas à la mode actuellement mais pourtant, les retards de prise en charge dus aux distances existent toujours !

    Catégories : santé et protection sociale Lien permanent 0 commentaire
  • La feuille de route santé du Grand Est : à donner une indigestion de langue de bois !

    Le conseil régional a publié sa feuille de route santé en décembre (à lire ici) : 129 pages sur la santé, prise en sens large du terme, le bien être de la population. Sauf que l'on peut se demander si le but n'est pas de noyer les compétences de la région, en terme de formation du personnel paramédical, pour mieux masquer l'indigence !
    Passons sur le verbiage, dont voici un bel exemple : "L’innovation permettra aussi de développer le concept original d’hôpital 4.0 afin de permettre que les solutions innovantes soient mises au service du monde hospitalier dans l’objectif d’améliorer ou de faciliter un certain nombre de process." L'analyse du vocabulaire de ce texte mériterait de s'y attarder : 72 fois le mot "entreprise", deux fois seulement l'expression de "service public" et uniquement pour parler du service public de l'orientation.
    La santé au sens global du terme, alors tout y passe ou presque : l'eau, l'air, le réchauffement climatique et la politique de transport ... mais même là, ce qui pourrait fâcher le monde de l'entreprise n'est pas mentionné. En ce qui concerne l'eau par exemple aucune mention n'est faite à la préservation et à l'usage partagé de la nappe phréatique du Sud Ouest Vosgien qui a pourtant fait l'objet d'une autosaisine de CESER (à lire ici)
    Tout y passe ou presque mais pas le social, pas les inégalités de santé, pas les étudiants qui doivent aller aux restos du Coeur ou au Secours Populaire pour manger ! Pourtant, si le social n'est pas une compétence particulière des régions, certaines actions volontaires seraient possibles, tout autant que d'autres annoncées dans cette feuille de route. Encore faudrait il sortir de la langue de bois pour être dans le concret comme instaurer une tarification sociale de la restauration dans les lycées, comme il en existait une dans l'ancienne Champagne Ardenne, rapidement oubliée par la droite. Pour rester dans la comparaison avec l'ancienne Champagne Ardenne, on peut s'étonner de la proposition comme d'une nouveauté d'accompagner les jeunes des missions locales dans leur parcours santé !
    Le Conseil Régional revendique une nouvelle gouvernance de l'organisation territoriale de la santé et de sortir de l'approche centrée sur la dimension budgétaire et comptable. Pourtant, ce même Conseil Régional avait approuvé le plan régional de santé présenté par l'ARS. Nous ne sommes pas à une contradiction près ! Autant la critique des ARS est nécessaire, autant il serait indispensable de les remplacer par des structures de gouvernance démocratique, autant on ne peut que s'inquiéter d'un Conseil Régional voulant s'occuper de la santé, comme s'il était tout seul en France ! On peut par exemple s'interroger sur les concertations faites avant l'élaboration de cette feuille de route, dont les représentants dans les instances de concertation de l'ARS n'ont même pas été mis au courant. Réinventer la poudre n'a jamais fait avancer.
    Se vanter de ses actions semble une constante de ce Conseil Régional, mais il ferait mieux de se taire. On apprend par exemple qu'il a fait le choix de se doter d'un plateau médical interne avec 2 médecins, pas un par ancienne région, et 8 infirmières, pas une par département ! Vive la proximité pour ses personnels ! Mais le personnel régional n'est sans doute pas une préoccupation pour ce conseil régional puisque les orientations budgétaires pour 2021 prévoient une baisse de 11% des dépenses d'administration, ce qui ne peut qu'avoir des conséquences sur le personnel régional ... et sa santé !
    La deuxième partie de cette feuille de route veut proposer des "solutions sur mesure pour un égal accès aux soins sur l'ensemble du Grand Est". Enfin se dit-on, nous voici au cœur du problème. Hélas, nous repartons vers le grand bla bla bla avec des propositions comme le soutien aux aménagements paysagers ! Le Conseil Régional cherche à se mettre en valeur pour le plaisir d'exister avec la volonté de s'impliquer dans les contrats locaux de santé proposés par l'ARS. Noyée dans ce charabia, une proposition est concrète : celle d'aider à la construction d'hôtels hospitaliers. C'est en fait une proposition très dangereuse pour accompagner l'ARS et les directions hospitalières dans le développement de l'hospitalisation ambulatoire dans les cas où elle n'est pas socialement acceptable !
    Tout aussi dangereuse la proposition de soutenir des projets visant à maintenir une permanence des soins dans les zones rurales ou périurbaines avec des organisations innovantes comme l'intervention en première ligne de paramédicaux !
    Mais la grande solution proposée par le conseil régional, c'est la télémédecine ! Et à toutes les sauces. De quoi faire haïr la télémédecine, comme vecteur d'inégalités. Alors qu'elle peut être utile dans certaines situations, la promotion qui en est faite, la présenter comme solution là où elle est la plus dangereuse, les zones rurales, les personnes âgées car elle risque de devenir le seul recours, ne peut qu'inquiéter sur l'avenir !
    Au cœur des compétences de la région, la formation des personnels paramédicaux : plus que des discours, il faudrait des chiffres ! L'avis du CESER sur les orientations budgétaires 2021 (à lire ici) demande " à ce que l’augmentation du nombre de places dans les formations sanitaires et sociales, vu l’urgence, correspondent réellement aux besoins". Il semble donc que ce n'est pas le cas ! D'ailleurs, curieusement, l'ARS a financé en 2020 des places de formations en école d'aide soignant ou d'infirmier. C'est elle aussi qui finance les formations d'infirmiers en pratique avancée. C'est un curieux transfert financier, en fait de la Sécurité Sociale (puisque c'est de là que vient la majeure partie des recettes des ARS) vers ce qui devrait être financé par la région, alors que nos hôpitaux auraient tant besoin de cet argent !
    La formation en apprentissage est mise en avant alors que ce n'est sans doute pas là où elle est le plus utile - la formation traditionnelle repose déjà sur un fort compagnonnage - mais risque plutôt de faire des formations à deux vitesses : les groupes privés impliqués dans les EHPAD se sont déjà proposés pour accueillir des apprentis, en gros pour avoir une main d'oeuvre à bas prix.
    Plus utiles seraient certainement des contrats assurant un salaire pendant la formation en échange d'un engagement à travailler dans le service public hospitalier de la région quelques années, tout particulièrement dans cette région où on se plaint du départ des professionnels vers des pays voisins où les salaires sont plus élevés : mais de cela, il n'est pas question !
    Pas un mot non plus sur le nombre de médecins formés en région. Certes, ce n'est pas de la compétence du Conseil Régional, mais il a l'air si tenté de s'exprimer hors de ses compétences : pourtant on forme moins de 900 médecins par an dans la région alors que les départs en retraite sont supérieurs à 1000 par an !
    La dernière partie de cette feuille de route est consacrée aux "moteurs de l'attractivité de la santé dans le Grand Est", un grand fourre tout qui va du thermalisme à la culture. Toute une partie est consacrée à l'innovation et à la recherche : un grand débat démocratique serait nécessaire pour faire la part de ce qui est utile à la population et de ce qui ne servira qu'aux appétits financiers. De même l'hôpital 4.0 annoncé mériterait débat. Il rappelle le lycée 4.0, autre trouvaille de ce conseil régional dont le CESER demande avec insistance une évaluation : pour ma part, je ne sais toujours pas si tous les lycéens ont enfin accès à leurs manuels en ligne. La seule chose que j'ai compris, c'est qu'on les habitue à ne pas pouvoir se passer des logiciels de Microsoft.
    En conclusion, disons que cette feuille de route santé du Grand Est semble essentiellement un outil de communication, la difficulté de sa lecture pouvant faire croire à un vrai projet très complet, mais il ne s'agit que de compilation tout en mettant en évidence les failles de la politique régionale : une politique ignorante des conditions socio-économiques d'une large partie de la population et s'engageant sans sourciller vers une politique de santé à deux vitesses actant le manque de médecins dans les zones rurales et les EHPAD.

    Catégories : Champagne Ardenne, santé et protection sociale Lien permanent 0 commentaire
  • Santé et capitalisme !

    Ecrit pour l'Humanité des Débats du vendredi 13 novembre :

    1. La pandémie de Covid 19 semble démontrer une forte dépendance de notre système de santé. Dans quelle mesure et dans quels domaines précisément ?
    Le taux d’occupation des lits de réanimation est l’indicateur principal du gouvernement pour décider de mesures restrictives ! A tel point qu’on en oublierait l’importance de prévenir la maladie. Notre pays a subi des suppressions massives de lits, résultat des politiques des gouvernements successifs : il y a trois fois moins de lits de réanimation par habitants qu’en Allemagne et ce manque était déjà flagrant avant l’épidémie. Les politiques de restructurations, s’attaquant en priorité aux hôpitaux de proximité, avaient transformés des services de réanimation en services de soins continus ou les avaient tout simplement fermés, dans un but économique, aidées par le manque de professionnels, conséquence du numerus clausus.
    C’est en fait l’ensemble du système de soins, à la fois en hospitalisation et ambulatoire, qui s’est révélé incapable de faire face à cette épidémie, du fait du manque de professionnels, de leur inégale répartition sur tout le territoire et de la désorganisation en lien avec l’injonction constante à la diminution des dépenses.
    Notre système de santé est dépendant des prescriptions européennes de réduction des dépenses publiques ! Son approvisionnement en matériel (masques, respirateurs …) ou médicament a été compromis par les délocalisations.
    2.Les politiques de libéralisation du secteur de la santé peuvent-elles être incriminées dans cette situation ?
    La tarification à l’activité a été utilisée à la fois pour restreindre les dépenses publiques de santé et pour la mise en concurrence public/privé, facilitant l’organisation des cliniques privées autour des activités programmées rentables. Avec des honoraires médicaux hors tarification et des conditions de travail meilleures du fait de l’absence de prise en charge des urgences, le privé est devenu attirant pour les médecins. D’autant que les directions d’hôpitaux ont pris comme modèle la gestion privée, mettant en porte à faux les soignants avec leur éthique. Les départs successifs ont aggravés les conditions de travail, source d’un cercle vicieux de départ, qui touche maintenant tous les soignants.
    3. Comment en sortir et à quelles conditions ?
    Des mesures d’extrême urgence sont nécessaires à l’hôpital : embauches massives et pérennes de brancardiers, agents de nettoyage … etc, pour que les soignants se concentrent sur leur cœur de métier : le soin ! Cela doit s’accompagner d’un changement de politique à l’intention des soignants - revalorisation salariale et respect de leurs motivations : soigner les malades et non le budget de l’hôpital – et d’un grand plan pour ouvrir massivement des formations de soignants.
    Cela est incompatible avec le projet de loi de financement 2021 de la Sécurité Sociale, qui, en son état actuel, doit être rejeté.
    La crise hospitalière a fait oublier que le mieux est de ne pas être malade ! Il faut sortir de la politique actuelle, aberrante et inefficace, de tests pour permettre un vrai isolement des seuls contaminés. Les tests antigéniques, même imparfaits, permettent cet isolement immédiat ! L’État doit, en lien avec la Sécurité sociale, en assurer la distribution à tous les professionnels de santé de proximité pour que chaque personne ayant un doute puisse être testée.
    Le premier confinement a montré la capacité des professionnels à s’auto organiser, tant à l’hôpital qu’en ville, en dépit souvent des directions d’hôpitaux et des ARS. Il faut continuer à s’appuyer sur l’efficacité de la démocratie pour décider des modes d’actions, en associant les représentants de la population, élus ou association d’usagers. Cela pourrait préfigurer une vraie démocratie en santé.
    Enfin, il faut reconsidérer notre politique du médicament, aller vers un pôle public. La Coordination Nationale des Comités de défense des hôpitaux et maternités de proximité soutient l’initiative citoyenne européenne right2cure pour rendre le futur vaccin ou traitement contre le Covid-19 accessible à tous. Cette initiative peut contribuer au débat pour libérer le médicament de la recherche de profits.

    Catégories : santé et protection sociale Lien permanent 0 commentaire