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Le blog de Michèle Leflon

  • Elections présidentielles : un pacte de rassemblement à gauche plutôt que le combat des égo !

    Car si, seule, l'élection présidentielle ne règlera pas les difficultés de la vie, le résultat peut ouvrir des portes ... ou les fermer !
    Alors, mêlons nous en !
    Je suis bien persuadée d'une chose, c'est que la domination des uns par les autres sur notre planète à travers les rapports sociaux capitalistes appauvrit notre vie (pas seulement en terme d'espèces sonnantes et trébuchantes) mais en plus constitue une menace de guerre et une menace pour la planète. Et la crise du capitalisme s'éternise avec des soubresauts de plus en plus dangereux source de crises de civilisation, de perte de confiance des hommes entre eux, dans leur capacité au vivre ensemble, au progrès humain. Et c'est pourtant le propre de l'homme que de s'appuyer sur les générations précédentes, pour progresser vers plus d'humain ! Absurdité du chômage, alors que l'on a tant besoin de gens dans les services publics par exemple, ou dans la production, ne serait ce que plus d'emplois dans l'agriculture pour une alimentation plus saine. La loi du profit maximum recherché par les actionnaires, préférant l'argent facile au travail, ruine notre vie !
    Oui, il nous faut dépasser ce capitalisme mortifère ! Tel est le projet des communistes (cartés ou de coeur). Et nous sommes nombreux à le porter. Mais pas la majorité de la population ! D'autant plus que les expériences des pays de l'est ont inquiété, à juste titre, d'ailleurs. Sauf que l'analyse de cet échec (une analyse qu'il faut encore pousser) montre précisément que ce n'est pas le dépassement du capitalisme qui est en cause mais bien d'autres facteurs, en particulier le manque de démocratie. Mais certains ont du mal avec l'utopie et ne croient que ce qu'ils voient (il faut dire qu'en ce qui concerne les promesses non tenues, on y a goûté !).
    Nombreux sont ceux qui n'espèrent que dans un aménagement du capitalisme : c'est le cas des socialistes (cartés ou de coeur). Les expériences en France depuis 1981 se sont multipliées, de plus en plus décevantes, d'autant plus que le PS a agglutiné des opportunistes du pouvoir mais dans la population, l'espoir dans cet aménagement du capitalisme reste fort, faute d’espérer mieux ! De même que ceux qui mettent au premier rang de leur priorité l'environnement, mais qui savent bien que le plus grand prédateur de la planète, c'est le capitalisme.
    Pour aller vers un changement démocratique, c'est à dire majoritairement voulu, de notre société, c'est bien toutes celles et ceux là qu'il nous faut rassembler et sur un projet non pas communiste, puisque telle n'est pas la volonté majoritaire, mais d'amélioration certaine de la vie pour une majorité de la population, c'est à dire sur un projet social, économique, environnemental, aménageant le capitalisme mais pas seulement, l'affaiblissant aussi, car c'est ce qui a manqué dans les expériences socialistes précédentes en France depuis 1981, avec des retours de bâtons bien désagréables ! Et, en affaiblissant le capitalisme, on peut à la fois convaincre et préparer la sortie !
    Excusez ce détour, bien trop succinct d'ailleurs, avant d'en venir à l'objet du titre de ce billet : les élections présidentielles. Il est bien évident que tout doit être fait pour s'éviter un président défenseur du système capitaliste, qu'il soit affiché de droite, centro-macroniste ou porteur des idées de haine de l'autre. Or, avec la constitution française présidentialiste, nous risquons bien un second tour, sans aucun choix de progrès et un Mélenchon 3ème, ce n'est pas ce qui ouvrira les portes pour l'avenir !. La date de l'élection présidentielle approche, mais on a déjà bien eu des surprises, l'éviction de Sarkozy, de Valls ... Le gouvernement socialiste a profondément déçu (plus encore que la droite, sans doute, parce qu'il avait donné des espoirs et que le mensonge est encore moins supporté qu'une politique de droite affichée). Il a sali ce beau mot de gauche. Dès les premiers mois, Hollande a donné le signal de son abdication devant le capital, sur les questions européennes en premier, avant de faire tous ses cadeaux au patronat, du CICE à la loi El Khomri, mais ceux qui veulent aménager le capitalisme restent nombreux dans notre pays sous des formes diverses, sympathisants de toujours, ou plus engagés, membres du PS ou anciens membres du PS, vouant une haine plus ou moins féroce à leurs amis d'hier, mais toujours adeptes de la même idéologie d'adoucissement du capitalisme.
    Depuis le début, le PCF cherche à ce que cette élection présidentielle ne ferme pas de porte en rassemblant pour faire majorité toutes celles et ceux qui veulent le progrès social et environnemental. C'est pour éviter la division mortifère qu'il a choisi de ne pas présenter de candidat : car pas question de faire de la politique politicarde, mais bien de rechercher l'intérêt de notre pays. C'est en ce sens qu'il a annoncé son soutien à JL. Mélenchon. Tourner la page de ce quinquennat pour aller vers le progrès social et environnemental, c'est également ce qu'ont dit tous ceux qui ont participé à la primaire du PS et choisi Benoit Hamon.
    Des convergences existent entre les programmes de Mélenchon et d'Hamon. Certes, le dernier a été membre de ce gouvernement qui a trahi ceux qui ont voté au second tour de 2012 pour le candidat dont l'ennemi déclaré était la finance (une simple déclaration non suivie d'effet !) et a un programme d'adoucissement du capitalisme, pas des ruptures nécessaires, mais le second a un programme à peine plus à même de dépasser le capitalisme, plutôt un catalogue de revendications syndicales et associatives, certes intéressantes, mais dont la cohérence manque face aux forces du capital, bien en dessous du niveau du programme partagé de 2012.
    Il est encore temps de partir de ces convergences pour construire un pacte pour une nouvelle majorité de gauche, avec des mesures fortes qui manquent à l'un et à l'autre, permettant d'affaiblir durablement les forces du capital et d'engager une vraie transformation de notre pays comme des droits nouveaux d'intervention pour les salariés dans les entreprises et les services publics,
    J'entends les insoumis : plus jamais avec le PS et je les comprends profondément sauf que beaucoup d'hommes et de femmes de bonne volonté ne veulent pas, à juste titre, fermer les portes de l'avenir avec l'élection d'un président de droite ou d'extrème droite et que la pureté révolutionnaire des insoumis reste pour eux aussi théorique que les déclarations de Hollande contre la finance et que c'est avec tous ceux là qu'il nous faut construire l'avenir de la France sauf à vouloir se morfondre dans des récriminations qui ne sont pas de gauche, car elles ne font pas confiance en l'Homme du genre "les gens ne comprennent rien". Sans parler de tous ceux qui se préparent à l'abstention et que seul pourrait décider à s'exprimer l'espoir d'un rassemblement majoritaire.
    C'est évident que leurs ego, à Hamon et à Mélenchon, ne leur permettront pas de s'entendre sans une pression très forte de tous ceux qui ne veulent pas du retour de la droite (éventuellement sous sa forme macronite), voir de la prise de pouvoir par l’extrême droite.
    Alors on pousse à ce pacte ? Evidemment, comme il faudra, quoi qu'il arrive, après l'élection présidentielle, continuer à faire entendre notre voix, celle de ceux qui veulent bien vivre dans la paix, la solidarité, le respect de l'environnement : seul le nombre des opposants peut battre le monde de la finance, pas un président de la république, quel qu'il soit !

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  • Des revenus pour tous !

    Le "Penelope gate" a le mérite de mettre au grand jour, outre son aspect scandaleux, la méconnaissance totale par la droite des réalités. Car travail, fictif ou pas, c'est la hauteur des salaires qui frappent, mais F. Fillon ne peut comprendre ... dans son monde de riches ! L'autre jour, René disait, comment, quand il était député, il touchait le salaire d'un ouvrier professionnel et Thierry, son assistant parlementaire, le SMIC ! Le PCF a toujours veillé à ce que la politique ne puisse être un motif d'enrichissement personnel ... mais il est bien seul !
    Au delà de cette disqualification de la droite, il importe de parler projet pour la France, propositions, programme : l'élection présidentielle et les élections législatives qui suivront ne peuvent être le choix du moins "pourri". C'est un moment privilégié de débats : profitons en et dépassons les raccourcis des médias, dominés par le capital pour la plupart.
    Après un an de rencontres, consultations, discussions, le groupe des députés communistes vient de présenter une proposition de loi pour une sécurité de l'emploi et de la formation qui concrétise la volonté d'éradiquer progressivement le chômage et la précarité avec la mise en cohérence de nombreuses propositions : avec ce système, on sécuriserait les gens dans leur emploi et on favoriserait une mobilité choisie et ascensionnelle, dans la sécurité des revenus et des droits de chacun. Chaque travailleur pourrait alterner, de sa sortie de formation initiale jusqu’à sa retraite, emplois stables et correctement rémunérés et formations permettant d’accéder à de nouveaux emplois, avec la garantie d’une continuité de revenus et de droits élevés. Le document déposé à l'assemblée nationale fait 72 pages et je ne vais évidemment pas vous en détailler le contenu ici : vous pouvez le trouver en cliquant ici. Disons simplement qu'il s'intéresse à tous les moments de la vie adulte, avec à l'article 9 une allocation d’autonomie-formation pour les étudiants, sans autre condition que la poursuite assidue de leurs études, à l'article 12, le retour à la retraite à 60 ans, à taux plein avec 150 trimestres cotisés et évidemment toute une série de mesures pour sécuriser l'emploi. Car si le débat existe sur la notion de revenu universel, dont les présentations diverses entérinent toutes la persistance d'un haut niveau de chômage et font l'impasse sur l'entreprise, lieu de production de la richesse, il y a bien évidemment une exigence partagée : il faut des revenus pour tous ! Dans le cadre d'un statut solidaire et non de la charité (pour ne pas dire, de la recherche de la paix sociale !).
    Tous les aspects nécessaires à la sécurisation de l'emploi sont abordés : le contrat de travail, le service public de l'emploi, la lutte contre la précarité, la durée du travail, le droit de préemption des salariés, la formation professionnelle, les droits nouveaux pour les salariés ... sans oublier la fonction publique et le financement. Je n'en dis pas plus - allez la lire - ce ne sont pas des déclarations de principes, mais la construction concrète d'une sécurité de revenus pour nos concitoyens et au lieu du gâchis du CICE, une autre utilisation de l'argent public pour un développement social, écologique de notre pays.
    L'élection présidentielle et les élections législatives, un moment privilégié de débats : rien n'est joué ... mais le temps presse pour rassembler à gauche et c'est bien sur des idées, pas sur des personnes, ou des étiquettes, que peut se faire le rassemblement majoritaire permettant à notre peuple de se sortir de l'impasse d'un second tour FN/droite (ou sa jumelle, la macronite). Ces idées, ce sont une grande ambition de progrès social, une lutte acharnée contre le pouvoir de la finance, une nouvelle manière de produire, sociale, écologique, répondant aux besoins des populations, une VIème république avec une nouvelle démocratie, politique et sociale, une Europe orientée vers un développement solidaire et soutenable.
    Ne jouons pas petits bras, enfermés dans des étiquettes ! Jeudi à 20 h une réunion publique de soutien à la campagne de JL Mélenchon est organisée à la salle de Nevers à Charleville : l'occasion de passer à la vitesse supérieure dans la campagne !

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    Catégories : Ardennes, Au fil des jours, Education, formation Lien permanent 0 commentaire
  • Rendre au peuple, à nous tous, la richesse de notre pays !

    S'il y a une leçon à tirer du premier tour de la primaire du PS, c'est bien le désaveu de la politique gouvernementale, même par les citoyens les plus motivés dans leur soutien au PS.
    Avez vous vu comment les médias libéraux se déchaînent contre sa proposition de revenu universel ? C'est la critique des dépenses créées par la généralisation à toute la population en omettant de dire que la première étape  (revalorisation du RSA et les jeunes) c'est l'équivalent des cadeaux aux entreprises à travers le CICE et que le financement existe à partir du moment où le choix est fait d'arrêter les cadeaux au patronat. C'est ce symbole, les jeunes plutôt que le patronat qui a séduit.
    Mais creusons un peu cette proposition. Il y a urgence à ce que les étudiants, les jeunes en formation, les jeunes à la recherche d'un emploi, aient le moyen de vivre et pour eux ce serait une très bonne nouvelle. Mais il y a aussi des jeunes qui bossent. Vont ils subitement voir leurs ressources baisser le jour de leurs 25 ans en perdant leur revenu universel qui se cumulera avec leur salaire ? Plus probablement, cela n'arrivera pas car les salaires tiendront compte de ce revenu universel ; c'est donc les patrons qui s'y retrouveront et ce serait une nouvelle forme de CPE ! Décidément, la volonté d'aménager le capitalisme des socialistes ne changera pas et les patrons s'en servent !
    Il faut toucher au sacré cout du capital
    Oui l'argent du CICE peut être utilisé pour les jeunes : une allocation d'autoomie pour les jeunes en formation mais la suite dépend d'un vrai statut du salarié avec une sécurité d'emploi ou de formation.

    Catégories : Au fil des jours Lien permanent 1 commentaire
  • Sécurité sociale : le régime local d'Alsace Moselle

    A ne pas supprimer, car il a des avantages ... mais ce n'est pas la protection sociale du XXIème siècle qui est nécessaire !
    Savez vous par exemple que la plupart des gens ont aussi une complémentaire, car l'optique n'est pas mieux remboursée que dans le reste de la France ?
    Dans notre région, où on découvre ou redécouvre les particularités du droit alsacien (la question a été abordée au débat qui a suivi la projection de La Sociale à Charleville), et maintenant, après les déclarations de Martin Hirsch (voir mon précédent article), l'idée est lancée de généraliser ce régime local.
    De quoi s'agit il ? J'essaie de résumer clairement. Excusez moi de passer sous silence certains détails. J'espère avoir gardé tous les faits permettant d'en juger les avantages et les inconvénients
    La sécu y fonctionne comme partout en France, mais en plus les salariés du privé, les retraités, adhèrent obligatoirement au régime local, qui joue le rôle de complémentaire.
    Il y a deux avantages : il s'agit d'une cotisation déplafonnée (sur le salaire ou la retraite) au taux de 1,5%. À salaire brut équivalent, les alsaco-mosellans gagnent donc moins en salaire net que leurs compatriotes. Mais pour les petits salaires, c'est plus avantageux qu'une mutuelle et il s'agit bien d'"à chacun selon ses moyens".
    Il n'y a quasiment pas de frais de gestion, les remboursements de soins étant gérés par la CPAM : le régime local prend en charge 20% des frais de santé, montant ainsi les remboursements à 90%, sur la base des tarifs opposables de la sécu et les forfaits hospitaliers.
    Mieux qu'une mutuelle traditionnelle donc ! Oui, mais pas pour tout ! Car il s'agit bien des tarifs opposables et cela ne règle donc pas les lunettes, les dents ... les dépassements d'honoraires ...
    Un troisième avantage est souvent mis en avant aussi : l'équilibre du régime local, attribuée à la gestion par les salariés eux mêmes. C'est comme dans toutes les mutuelles ! Les représentants des salariés ne gèrent que le régime local, c'est à dire la part complémentaire, la sécurité sociale étant soumise à la gestion nationale par les lois de financement de la sécu.
    La mise en place de la mutuelle obligatoire dans les entreprises a jeté le feu aux poudres, faisant craindre aux habitants de ces départements, la perte des avantages du régime local, mais aussi généré des débats instructifs : il aurait été possible que le régime local élargisse ses remboursements aux garanties exigées dans l'accord national interprofessionnel. Il y a eu une objection technique sur les frais supplémentaires de gestion puisqu'il ne s'agissait plus pour la sécu des mêmes bases des tarifs opposables, mais surtout les oppositions sont venues en particulier du patronat : il n'y aurait plus eu de place pour les assurances privées, pour cette manne pour la finance ! Et finalement, la nouvelle complémentaire d’entreprise couvrira la différence entre ce que couvre le régime local et les garanties de l'ANI. Vue qu’elle porte sur une part plus petite des frais de santé, le tarif sera plus bas qu’ailleurs en France : tout bénéf. pour les patrons qui en paient la moitié et ne financent pas le régime local !
    Le régime local d'Alsace Moselle n'est donc pas le modèle d'une protection sociale du XXIème siècle remboursant les soins prescrits à 100% : il ne règle concrètement pas ce qui est une part importante des restes à charge pour les patients et exonère le patronat de ses responsabilités. Je vous renvoie à mon précédent article où j'explique les mesures à prendre pour diminuer le coût du capital au profit des salariés et trouver des recettes pour la protection sociale. Le 100% sécu, c'est possible !
    Evidemment, cela ne dispense pas de réduire les dépenses inconsidérées, réguler le coût des lunettes, des médicaments ... supprimer les dépassements d'honoraires avec un véritable toilettage des tarifs : il n'est pas normal qu'un médecin spécialiste libéral gagne 3 ou 4 fois plus qu'un médecin hospitalier mais il n'est pas non plus normal que certaines spécialités soient sous payées !
    Le 100% sécu ne passe pas par l'extension du régime d'Alsace Moselle, mais pas question non plus de supprimer celui-ci tant qu'on n'a pas mieux !

    Catégories : santé Lien permanent 1 commentaire
  • Merci Monsieur Fillon ! Votre ignoble conception de la protection sociale a le mérite d'avoir ouvert un débat intéressant !

    Réserver la sécurité sociale aux cas graves pour mieux enrichir les complémentaires du monde de la finance ! Cette idée, atrocement réactionnaire, qui casse les solidarités, a eu le mérite de mettre la protection sociale au premier plan des débats politiques du moment.
    Au fait, comment Monsieur Fillon, vous pouvez trancher entre un cas grave et un pas grave : la grippe actuelle est un bon exemple. Ah, c'est vrai, vous avez rétropédalé ... sauf que vous avez montré votre vrai visage et que mes amis catholiques hurlent devant l'image d'une religion pour les riches que vous donnez de la leur, qui veut être la défense des pauvres.
    Cela a permis aux Français de démontrer leur attachement à la sécurité sociale, car même si  le texte proposé par André Grimaldi était pauvre dans son contenu - un peu du tout sauf Fillon - l'engouement provoqué par cette pétition est un symbole fort.
    Et depuis chacun y va de sa conception de la sécu.
    C'est avec plaisir que les communistes voient que leur proposition de 100% sécu est reprise : 100% sécu, cela veut dire, le remboursement des soins prescrits à 100% par la sécu. Plus besoin de mutuelles, qui peuvent utiliser le remarquable réseau de militants qu'elles ont pour autre chose, l'éducation à la santé, l'expression démocratique des besoins de santé, le suivi des réalisations ..., des choses bien plus intéressantes pour l'humain que de la gestion financière et commerciale dans le cadre défini par l'Europe de mise en concurrence avec les complémentaires privées et les banques.
    Cela serait une économie, car c'est à la fois économiser la double gestion sécu/mutuelle (et celle des mutuelles est beaucoup plus chère) et économiser sur des retards de traitement liés à des restes à charge. Cela ne veut pas dire qu'il ne faut pas plus d'argent pour la protection sociale, mais simplement qu'avec un peu plus et le 100% sécu, on peut faire beaucoup plus ! J'y reviens à la fin de cette article.
    Récemment Martin Hirsch, ancien ministre de Fillon (!) et Didier Tabuteau, économiste de la santé, ont publié une tribune dans Le Monde "Créons une assurance maladie universelle". Ils veulent : "étendre l’assurance- maladie à l’ensemble des dépenses de santé, en incluant dans la Sécurité sociale la couverture complémentaire, aujourd’hui essentiellement assurée par les mutuelles et les assurances. Il s’agit ni plus ni moins d’étendre à l’ensemble de la France, en le complétant, ce qui existe déjà en Alsace-Moselle." Je frémis un peu quand j'entends ces gens connus pour leurs engagements libéraux défendre ce qui peut apparaître comme proche du 100% sécu car un bel affichage est toujours possible, associé à une réalité beaucoup moins belle comme pourrait l'être, non pas le remboursement de tous les soins prescrits, mais celui d'un panier de soins. Je prends un exemple. La sécu pourrait rembourser à 100% un appareil auditif  ... du siècle dernier. Et le remboursement des appareils modernes plus couteux ... et plus performants (la technologie évolue très vite) serait réservé à ceux qui auraient pris une "surcomplémentaire" et comme il n'y aurait plus de mutuelle, ce serait obligatoirement auprès d'un organisme privé alimentant les actionnaires, le monde de la finance n'étant ainsi pas lésé (il y a évidemment bien d'autres choses à mettre sur le compte des surcomplémentaires, le forfait hospitalier, les soins dits de confort ... si indispensables à certains souffrant de maladies chroniques). Et puis il y a le "comment on finance ?". Ceci dit, cela fait plaisir de voir que la proposition du PCF du 100% sécu inspire si largement !
    Il y a Jean Luc Mélenchon aussi qui reprend la proposition du 100% sécu ! Là, beaucoup moins de craintes que ce ne soit pour alimenter indirectement le monde de la finance, car on sait que ce n'est pas que le financement d'un panier de soins, mais bien de tous les soins prescrits.
    Et en plus il donne des éléments de financement : il faudrait trouver 16 milliards d'euros par an (les dépenses non remboursées, selon les chiffres officiels, payées directement par les malades). Il en trouve 8 en supprimant les dépassements d'honoraires, 6,5 dans les frais de gestion des mutuelles et 3,5 dans les exonérations fiscales des mutuelles. Lui aussi veut s'aligner sur le système d'Alsace-Moselle.
    C'est un peu simpliste, mais c'est malgré tout la seule expression d'un candidat à la présidentielle qui tienne la route sur le sujet !
    Simpliste, parce qu'il faut trouver plus de 16 Mds : il y a tout ce que les gens ne se paient pas ... parce qu'ils n'en ont pas les moyens, les budgets des hôpitaux à augmenter très sensiblement ... ; simpliste, car si on supprime les dépassements d'honoraires il y a des actes à réévaluer, car les dépassements d'honoraires, c'est à la fois des excès de certains médecins, mais aussi quasiment une obligation pour d'autres, les gouvernements successifs ayant poussé la sécu à ne pas augmenter certains tarifs en s'abritant hypocritement derrière cette possibilité de dépassements d'honoraires ; simpliste car on n'économisera pas tous les frais de gestion des mutuelles - la sécu a besoin de renfort - et que les exonérations fiscales de quelque chose qui n'existe plus j'ai du mal à comprendre comment ça donne des sous !
    Ceci dit, il est possible de financer le 100% sécu !
    Déjà une précision : dans le système tel qu'il a été conçu en France par Ambroise Croizat, la protection sociale a un rôle fort dans le partage des richesses entre le travail et le capital et tout déplacement de la cotisation vers la fiscalité (ou la CSG, qui fait partie de l'impôt) contribue à enrichir le capital au détriment de la rémunération du travail. Et depuis 20 ans, le pourcentage de ce qui revient au capital a augmenté au détriment des salaires. Et cela est valable aussi en Alsace Moselle, où la seule différence est une cotisation salariale plus importante (en lieu est place d'une cotisation à la sécu et d'une cotisation à la mutuelle), avec, de fait, des économies de gestion. De plus, le capital investit de moins en moins, préférant jeter l'argent par les fenêtres en le donnant aux actionnaires ! Si l'on n'inverse pas ces mécanismes, notre pays va continuer à s'appauvrir, rendant illusoire tout progrès social.
    Les communistes proposent donc de faire cotiser les revenus financiers des entreprises (le coût du capital), à la même hauteur que les salaires. Selon les comptes de la Nation 2015, il y a 313,7 milliards d'euros de revenus financiers des entreprises et des banques. Leur mise à contribution rapporterait 41 milliards à l'assurance maladie (26 pour la retraite et 16 pour la branche famille). On est très largement au dessus des 16 milliards nécessaires pour compenser les dépenses payées par les malades et il y a donc une bonne part pour l'amélioration des soins. Cela serait en plus vertueux, réorientant le capital vers l'investissement plutôt que le placement financier ! Parallèlement, le PCF propose d'en finir avec les exonérations et de moduler les cotisations patronales pour faire payer plus ceux qui ont des conduites anti emploi et anti environnement.

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