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Hôpitaux : les conseils de la cour des comptes à base de privatisation et de nouvelles restructurations.

La cour des comptes vient de sortir un rapport sur les groupements hospitaliers de territoire (GHT). On peut le trouver en cliquant ici.
Le cour des comptes est dans son rôle, même si on peut le discuter, en disant que la création des GHT n'a pas été faite avec une recherche d'efficience ! De fait, cela n'était pas écrit noir sur blanc dans les lois successives pour mieux faire passer la pilule et masquer la volonté de nouvelles économies à l'hôpital. Et concrètement, la cour des comptes a sans doute raison : les réformes ont contribué à la désorganisation, le temps passé à essayer de faire des économies ne l'a pas été à soigner et le rapport qualité des soins/dépenses a sans doute baissé !
Par contre, une fois de plus la cour des comptes sort de son rôle dans ses préconisations en regrettant que les établissements à but lucratif ne soient pas intégrés dans les GHT et en stigmatisant la faible taille de certains GHT !
La Cour des Comptes met sur un pied d'égalité secteur public et privé, en demandant une meilleure intégration des différentes activités, quelque soit leur nature juridique. Mais elle oublie que le principe même d'un établissement à but lucratif, c'est de se faire du fric sur le dos des malades et de la Sécurité Sociale. L'exemple donné à la page p 51 du rapport, concernant l'imagerie dans le Var est effectivement scandaleux : le secteur public n'a pas les 20 radiologues qui lui permettraient d'avoir une permanence des soins de bonne qualité dans le département, alors qu'il y a 70 radiologues libéraux dans la seule ville de Toulon qui ne travaillent qu'aux heures ouvrables ! Mais le but est il de faire profiter les radiologues libéraux de la manne publique par un montage comme il y en a ailleurs, avec l'utilisation des équipements publics par le privé ? Ne faudrait il pas plutôt déconventionner ces radiologues s'ils ne participent pas à la permanence des soins ? Les inégalités de salaires entre médecins du public et du privé à l'avantage du privé, qui en plus n'a pas les mêmes contraintes, sont insupportables.
Méfions nous ! Les préconisations de la Cour des Comptes sont souvent retenues : elle insiste lourdement sur la nécessite d'intégrer les établissements privés dans le fonctionnement de la psychiatrie publique.
Elle critique les GHT de petite taille, les accusant de tous les maux et préconise une meilleure intégration des différents hôpitaux au sein de leur GHT :
- ils seraient antagoniques d'un bon recrutement médical ... mais on en aimerait des preuves, car les regroupements ont aussi provoqué des départs de l'hôpital public !
- ils n'auraient pas la taille critique pour constituer une offre de soins homogène, avec chiffres à l'appui : 38 GHT sans angioplastie coronaire, 24 sans unités neurovasculaire. Mais le but n'est pas d'avoir des chiffres, mais une offre réelle de proximité pour les patients. Pour illustrer, le GHT du Nord Ardenne fait partie de ces GHT sans angioplastie coronaire. S'il était fusionné avec le GHT de Reims, cela ferait un GHT de moins sans angioplastie .... mais concrètement, les Ardennais devraient toujours être transférés à Reims pour bénéficier de ces soins, très urgents dans certains cas. Le scandale de l'absence de création d'un tel service dans les Ardennes (promis pourtant dans le plan de performance) ne serait pas résolu, mais la Cour des Comptes verrait une amélioration de ses chiffres ! Ce n'est donc pas la taille du GHT qui compte : il faut ouvrir de nouveaux services d'angioplastie coronaire ou d'unités neurovasculaires !
- ils ne faciliteraient pas le développement de la recherche !
Tout cela est la négation de ce qu'il faudrait, des coopérations volontaires, plutôt que cette usine à gaz antidémocratique : d'ailleurs p 57 du rapport, on lit avec consternation que 74 à 124 ETP de médecins ou de directeurs ont été consacrés pendant un an exclusivement à l'écriture des projets médicaux des GHT.
Pour continuer sur l'exemple ardennais, la Cour des Comptes cite le GHT du Nord Ardenne en exemple p 64 et encore 68 pour son caractère intégratif. Les Ardennais dans leur ensemble n'ont pas vu la moindre amélioration, ceux du secteur de Sedan, la dégradation !
Quand on veut tuer son chien, on dit qu'il a la rage ! Pour mieux stigmatiser le secteur public, la Cour des Comptes donne en exemple le secteur privé (les groupes Ramsay, Elsan) pour leur gestion centralisée, mais on attend les preuves de l'efficacité de la gestion du privé sur les soins !

Catégories : santé et protection sociale Lien permanent 0 commentaire

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