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Ardennes

  • Humeur de rentrée !

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    Depuis son élection, Emmanuel Macron et son ministre Jean-Michel Blanquer imposent au pas de charge leur vision de l’éducation. Selon eux, il s’agit d’adapter l’école à la personnalité de chaque élève et de récompenser le mérite. Dans les faits, il s’agit plutôt de soumettre l’éducation à la loi du marché. Seuls les élèves mieux lotis tireront leur épingle du jeu.
    Apprendre, ça se mérite ?
    Le mérite est érigé en critère ultime de justice. Chaque élève obtiendrait une place à la hauteur de ses efforts. C’est ignorer les écarts de réussite scolaire entre les élèves issus de milieux aisés et ceux issus des milieux populaires ! Ainsi, les enfants de cadres et d’enseignants sont deux fois plus nombreux à avoir le bac que les enfants d’ouvriers et d’employés.
    Derrière l’idéologie du mérite se cache en réalité une école qui reproduit les inégalités. Ce phénomène est renforcé par la compétition scolaire, exacerbée par les réformes de ces dernières années et par l’individualisation des parcours que Macron et Blanquer veulent promouvoir. À la fin, «il y a ceux qui réussissent et ceux qui ne sont rien»
    C'est l'idéologie du tous contre tous appliquée à l'école à l'opposé du tous ensemble solidaires, car c'est, à l'école comme ailleurs, tous ensemble qu'on apprend, pour progresser collectivement !
    C'est cette idéologie mortifère qui est appliquée dans Parcoursup, qui accompagne l'introduction du contrôle continu dans le bac (avec comme conséquence un diplôme de valeur variable selon la ville ou le quartier du lycée), qui justifie l'abandon aux régions de l'orientation scolaire (pour mieux mettre en adéquation les formations aux besoins immédiats des entreprises, en laissant de côté les aspirations des jeunes et les besoins à long terme pour notre pays d'élévation du niveau de formation) ...
    C'est cette idéologie qui permet de justifier l'absence d'investissements dans l'éducation. Macron préfère faire des cadeaux aux patrons plutôt que former tous les jeunes : pour lui une élite suffit et aux autres on promet des fonctions d'exécution. Sauf que la société du XXIème siècle est de plus en plus complexe et que nos jeunes auraient besoin d'en appréhender les contours !
    La réduction du nombre d'enfants en CP dans quelques classes est l'arbre qui cache la forêt. Dans les Ardennes, par exemple, chacun sait bien que beaucoup d'écoles ont presque le même recrutement que celles qui sont en réseau d'éducation prioritaire. Sauf que le dédoublement des CP se fait au prix de l'augmentation des effectifs dans les autres écoles.
    On pourrait parler aussi des enseignants contractuels, non formés...
    Disons aussi cette aberration régionale : la multiplication des lycées dans le Grand Est où ne sont utilisés que des manuels numériques, sans évaluation du fonctionnement des premiers lycées passés au numérique l'an dernier. Pourtant les problèmes ont été nombreux, en particulier du fait du sous dimensionnement des réseaux dans les établissements, ne permettant pas aux élèves d'accéder aux manuels en classe ! Sans évoquer le fait que le numérique pourrait apporter beaucoup, s'il faisait partie d'une réflexion globale : mais là il n'est qu'un changement de support. Le gouvernement préfère s'allier aux GAFAM plutôt que de contribuer à développer des moyens pédagogiques nouveaux.

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  • Des services nouveaux à l'hôpital Manchester ou sa privatisation en route ?

    La publicité pour le journal local du jour attire l'attention : "des services nouveaux à l'hôpital". Si je n'avais pas lu l'article avant d'aller en ville, j'aurai rêvé : "le futur service de coronarographie annoncé dans le plan de "performance" des hôpitaux du Nord Ardenne va-t-il déjà ouvrir ? Le comité de défense des hôpitaux aurait il eu tort de dire que l'on nous vendait du vent en l'absence de recrutement de médecins ?
    Hélas, trois fois hélas ... malgré la publicité, aucun service n'ouvre à l'hôpital. Simplement ses locaux accueille une entreprise privée : Happytal.
    Un petit tour sur le site internet de cette entreprise vous expliquera tous les bienfaits à attendre de son implantation et donne même des liens d'articles de presse la citant. Aller voir le site Les Echos met un point d'arrêt à toute pensée un peu naïve du genre c'est privé, mais ils annoncent vouloir le bien des malades. En effet, Happytal est cité dans un article de 2015 intitulé "Idée de business : nos conseils pour trouver la bonne idée". Il s'agit bien, avant tout, de faire du business !
    Et il ne s'agit pas d'une simple boutique !
    L'Ardennais-L'Union de ce jour l'explique : "Happytal devrait gérer dès le mois de septembre les demandes en chambre individuelle. L’objectif serait de décharger le personnel hospitalier de la partie administrative, en s’occupant par exemple de la mise en relation avec les mutuelles."
    La facturation des chambres individuelles fait partie des objectifs du plan de "performance " de l'établissement. Dans toute la partie neuve de l'hôpital il y a essentiellement des chambres individuelles : les malades y sont donc sans le demander ... mais on leur demande de payer.. Ce n'est pas nouveau, mais le personnel n'applique pas avec enthousiasme les consignes, ayant bien compris l'absurdité de la démarche de faire contribuer les mutuelles au financement de l'hôpital, avec les conséquences inéluctables sur les cotisations.
    Le plan de performance demande une augmentation du taux de recouvrement des chambres individuelles (et une augmentation des tarifs). On va déléguer la tache au privé ! Une manière de détacher du soin, du relationnel humain cet aspect administratif, de le rendre plus arbitraire et déshumanisé.
    Mais comment peut-on déléguer au privé des taches administratives ? Sans parler du secret professionnel qui est de mise dans la relation avec la mutuelle !
    Il y aurait aussi beaucoup à dire sur la notion de bien-être que va apporter Happytal : un supplément payant, comme si le bien-être n'était pas partie intégrante du soin, une manière de reconnaître que le personnel a de moins en moins de temps pour prendre en charge les patients dans toute leur humanité.

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  • Hôpitaux des Ardennes : la lutte a payé, mais le plan de performance reste catastrophique !

    La ministre de la santé doit répondre à la situation de détresse des hôpitaux ! Qu'elle écoute les propositions des communistes !
    Une chose est sure : le comité de défense des hôpitaux de proximité des Ardennes peut être fier de la lutte qu'il a mené depuis février : en permettant le rassemblement des personnels et des usagers dans l'action (deux manifestations de mille personnes, sans compter les premiers rassemblements devant l'hôpital de Sedan, les réunions publiques et les présences répétées sur le marché) , il a obligé l'Agence Régionale de Santé à revoir sa copie et à affirmer le maintien du pôle mère enfant à Sedan, avec une maternité de niveau 2A ainsi que des urgences, Il y a aussi une bouffée d'air budgétaire à Belair avec la non application par l'ARS de la peréquation régionale du financement qui allait baisser le budget de Belair.
    Mais à Sedan, le service de chirurgie en hospitalisation complète va fermer, l'unité de soins intensifs de cardiologie aussi ...
    Une partie du ménage de l'hôpital Manchester va être externalisée, des emplois supprimés (dans la partie clinique - le GCS- aussi) ...
    A Nouzonville, on crée des lits supplémentaires de soins de suite et de réadaptation sans création de postes.
    J'en passe et des meilleures, et cela en échange de vent : la création d'activités nouvelles à l'hôpital de Charleville-Mézières quand on aura recruté des médecins : encore faudrait il que les postes soient publiés !!!!
    Car la lutte n'a pas permis de dépasser les aménagements locaux avec un impératif de l'ARS : restaurer les équilibres budgétaires des hôpitaux, avec les règles actuelles de financement dans l'enveloppe fermée de l'ONDAM (objectif national des dépenses d'assurance maladie). Or, il faut urgemment créer des emplois (et former en conséquence) dans les hôpitaux et faire sauter le verrou budgétaire, tout en donnant de nouveaux pouvoirs d'organiser leur travail aux personnels médicaux et non médicaux, des droits nouveaux d'intervention aux délégués syndicaux dans la gestion hospitalière. C'est ce que propose le PCF. Pour en savoir plus, lisez le Globule Rouge spécial hôpital en cliquant ici.

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  • Plan de performance des hôpitaux du Nord Ardennes


    L'ARS a fini par diffuser son projet de plan de performance pour les hôpitaux du Nord Ardenne, précisant bien qu'il s'agit d'une version provisoire. Vous pouvez trouver ce document en cliquant ici. Ce projet est inacceptable mais il est provisoire ... raison de plus pour continuer la mobilisation !
    Pour faciliter l'approche de ce document, je vais essayer d'en détailler les principales mesures selon diverses approches : après une introduction générale, j'aborderai ce plan du point de vue des usagers et des personnels, puis par établissements et enfin par filière de soins, sans être évidemment exhaustive, mais en prenant les exemples les plus caractéristiques
    Ce plan est purement économique, réduisant la proximité pour la population du Sedanais, de l'Yvois et de l'ouest meusien, supprimant une centaine d'emplois sur l'ensemble des hôpitaux du Groupement Hospitalier de Territoire (Charleville-Mézières, Sedan, Fumay, Nouzonville, Belair). En échange, il promet du vent, des possibilités nouvelles de soins pour la population ardennaise ... s'il y a les recrutements médicaux correspondants !
    Il préfigure une nouvelle organisation plus centralisatrice encore, puisqu'il s'agirait d'un contrat signé entre l'ARS et le GHT et non chacun des hôpitaux du groupement, le GHT étant même désigné dans ce projet comme "l'établissement".
    La convention avec le CHU de Reims témoigne de l'autoritarisme de la gestion actuelle (conséquence de la loi Bachelot) : ce sont les chefs de pôles qui échangent avec les coordonnateurs des filières des études médicales. Concrètement, cela veut dire par exemple que c'est un gynécologue-obstétricien qui va échanger avec le pédiatre coordonnateur des études de pédiatrie. Comment ne pas être étonné du malaise des médecins, qui n'ont pas leur mot à dire dans l'organisation de leur travail ?
    La vision purement économique se traduit magistralement dans les fiches en annexes. La création d'une activité de coronarographie, par exemple, n'est étayée par aucune donnée médicale, aucun recensement des besoins - ceci dit, ce sera une fort bonne chose pour notre département s'il n'est plus nécessaire de se rendre à Reims pour un tel examen. La seule argumentation repose sur l'aspect économique : cette activité rapporte !
    On apprend au passage que les frais financiers de l'hôpital de Charleville-Mézières se montent à 1,320 millions d'euros en 2017. Quel scandale que d'obliger les hôpitaux à emprunter auprès des banques privées ! A quand un vrai pôle public bancaire permettant des prêts à taux zéro pour les services publics, en lien avec un rôle de la Banque Centrale Européenne transformé au service des peuples ?
    La liste est longue des activités nouvelles à moyens constants : des consultations de spécialités à Sedan (quel médecin de Manchester a une demi-journée de libre actuellement qu'il pourrait utiliser en allant à Sedan ?), des lits de SSR en plus à Nouzonville, un lit de plus dans l'unité de surveillance continue de Sedan ...
    Pour faire passer la casse de l'hôpital de Sedan, ce plan vend un peu de rêve : la liste est longue des médecins que nos hôpitaux vont recruter pour assurer de nouvelles activités (la coronarographie, l'unité de neuro vasculaire aigüe ...). Mais il y a une contradiction entre ces promesses et la réalité : la liste des postes vacants de praticiens hospitaliers parue sur le site du Centre National de Gestion pour le tour de recrutement de ce printemps ! Pas un seul poste de radiologue par exemple, alors que le plan de performance annonce 4 postes à pouvoir immédiatement ! Un seul cardiologue alors qu'il faudrait en créer 3 pour satisfaire aux obligations réglementaires des soins continus de cardiologie, sans parler de la mise en place de la cardiologie ... Le plan de performance évoque le lien avec des cabinets de recrutement. Le choix aurait il été fait de payer des cabinets de recrutement pour trouver des médecins étrangers que l'on va pouvoir utiliser comme contractuels sous-payés, plutôt que des titulaires ? Ou tout simplement cela va permettre de dire qu'on ne peut pas parce qu'on n'a pas de médecins !
    De plus, la performance annoncée ne dépasse pas le simple cadre financier ! Alors que les progrès médicaux permettent, de fait, une réduction des durées d'hospitalisation, rien dans ce plan n'annonce de performance de qualité, facilitant le lien entre soins à l'hôpital et en ville, la création de parcours pour les malades chroniques ! Tout au plus il y a recherche de moyens pour diminuer la durée d'hospitalisation dans les services de soins aigüs en créant des lits de SSR (service de soins et de réadaptation), bref, en prévoyant de se débarrasser de malades pas en état de regagner leur domicile. Et du remplissage de pages avec le projet de contrat local de santé avec l'agglomération de Coeur d'Ardenne. On ne peut que s'étonner de la place particulière donnée à cette zone, certes centrale, du bassin de population du GHT mais qui ne le couvre pas totalement, loin de là ! Le renforcement du lien ville/hôpital ne serait il pas aussi nécessaire dans l'Yvois, la vallée de la Meuse ou la Thiérache ? Il ne suffit pas de faire de l'incantation en la matière, regretter le taux très faible de recours à l'hospitalisation à domicile, parler de cellule de retour à domicile, sans en préciser les moyens, en secrétaires, infirmières, assistantes sociales ..., évoquer la télémédecine comme un mot magique (bien utilisée elle pourrait faciliter la proximité, mais pour les décideurs actuels, elle a surtout pour but de retirer de l'humain, si nécessaire pourtant !). Ce plan est en fait passéiste. Il faut dire qu'en réduisant à la portion congrue la possibilité de propositions des personnels médicaux et paramédicaux, la gouvernance de ce plan s'est privée de la richesse de la réflexion de ceux-ci.
    Pour vous éviter de vous poser des questions, terminons cette introduction en disant que si l'hôpital Belair est inclus dans l'introduction du document, rien ensuite ne le concerne : sans doute valait il mieux pour l'ARS ne pas risquer des critiques supplémentaires. On connaît toutes les difficultés actuelles de cet hôpital, également soumis à des restrictions budgétaires, au nom de la péréquation avec les autres hôpitaux psychiatriques de la région.
    Du point de vue des usagers ce plan a trois conséquences :
    La perte de proximité est majeure pour les habitants de l'est du département : suppression du service de chirurgie, alors qu'il n'y a pas forcément de correspondance entre acte chirurgical demandant un équipement lourd (justifiant qu'il soit fait dans l'hôpital support) et nécessité d'une hospitalisation de plusieurs jours, d'autant plus que cette dernière peut être justifiée dans certains cas par des pathologies associées, plus fréquentes chez les personnes âgées, qui ont tout particulièrement besoin du soutien de leur famille.
    La maltraitance, le défaut de qualité ne peut que s'accentuer avec les activités nouvelles à moyens constants, les suppressions de postes de personnels. Ci-dessous vous trouverez aussi quelques commentaires sur la réduction du nombre de lits de surveillance continue.
    Un impact financier : augmenter le prix de la chambre particulière et le taux de recouvrement de celles-ci touche directement au porte-monnaie des malades quand ils n'ont pas de mutuelles ou que celle-ci ne prend pas en charge la chambre particulière. Mais en fait,  cela touche toute la population, en augmentant les restes à charges pour les complémentaires et donc en augmentant les cotisations ! Il s'agit d'un transfert tout à fait scandaleux de charges de la sécurité sociale vers les complémentaires.
    Impact financier aussi avec la perte de proximité : on ne peut que s'offusquer de la proposition de LREM d'un bus pour les patients entre Sedan et Manchester, Comme pour les écoles fermées, ce bus ne sera sans doute gratuit que le temps de faire oublier les fermetures ! Et il ne règle pas les visites des familles.
    Du point de vue des personnels, personne ne fera croire que supprimer une centaine de postes va vers une performance de qualité ! Les suppressions d'emploi touchent tous les hôpitaux : Manchester, Sedan, Nouzonville, Fumay et même le GCS (l'ancienne polyclinique). Elles concernent évidemment les services supprimés, mais sont également dues à des "optimisations" selon l'expression consacrée, au nivellement par le bas de la gestion du temps de travail des personnels dans les quatre hôpitaux et à l'externalisation d'une partie du ménage et de la crèche du personnel. Le chiffrage exact des postes est encore en cours sur Charleville-Mézières.
    Sedan est évidemment le plus attaqué par ce plan : fermeture du service de chirurgie, de l'unité de soins intensifs de cardiologie. Le devenir de la pédiatrie reste en suspend. En page 3, le document parle de transfert sur Charleville-Mézières, tandis que dans les annexes, en page 38 il s'agit de supprimer la moitié des lits.
    L'avenir nécessaire de la maternité de Sedan passe par le recrutement de médecins, mais aussi par le maintien d'un environnement global (pédiatrie, anesthésie, chirurgie). On ne connait que trop les techniques utilisées par les ARS pour fermer à petit feu !
    Charleville-Mézières est le plus impacté par les suppressions d'emplois. Les projets de nouvelles activités demandent toutes à être confirmées par les moyens correspondants, en particulier humains.
    Nouzonville est symbolique de ce plan : création de 4 lits supplémentaires de SSR, à moyens constants. En vue maltraitance des malades et des personnels, déjà en sous effectifs. Et déni complet de démocratie : le maire, président du conseil de surveillance, n'a pas été convié aux discussions du comité de pilotage.
    Fumay, comme les autres, est victime d'optimisation de son personnel. Seule bonne nouvelle, un scanner serait installé. On aurait aimé que soient, comme à Sedan, développées des consultations de spécialités. enfin, pas tout à fait comme à Sedan, où cela est prévu à moyens constants et où cela risque donc de ne jamais arriver, mais avec des moyens nouveaux !
    Le GCS (ex polyclinique) est aussi l'objet de suppression d'emplois.
    Filière par filière, je ne reviendrai pas sur la maternité, sauvée au moins provisoirement, ni sur la pédiatrie.
    La création de lits de SSR est une bonne chose. Mais elle témoigne aussi des incohérences de gestion à la petite semaine : des lits ont été bradés à Clinéa lors de la mise en place du Groupement de Coopération sanitaire et du transfert des activités de la polyclinique sur le site de Manchester. Et l'augmentation du nombre de lits à Nouzonville, à moyens constants est inquiétante. Il ne peut s'agir de lits de médecine dégradés et il faudrait des kinés, des orthophonistes, des animateurs ..., de l'humain quoi, pour que ce ne soit pas des "mouroirs"
    Les spécialités médicales ne méritent qu'un commentaire d'attente : entre activités nouvelles à moyens constants et celles nécessitant des recrutements de médecins, hypothétiques (cf ci-dessus), il est à craindre que les projets ne soient là que pour faire passer d'autres pilules.
    La chirurgie est l'objet d'une grande réorganisation, avec perte de proximité, mais aussi diminution globale du nombre de lits publics/privés sur le site de Manchester, avec des suppressions d'emploi à Sedan (33), au GCS (19), pour seulement 9,5 créations à Manchester, cela sans compter la suppression paradoxale d'emplois en chirurgie ambulatoire à Manchester, celles en salle de réveil et celles, non encore chiffrées au bloc opératoire de Charleville-Mézières. Le GHT a-t-il vraiment l'intention de recruter de nouveaux chirurgiens ?
    La suppression de lits de soins critiques met gravement en danger la population ardennaise, et tout particulièrement celle de l'est du département. Globalement le nombre de lits va baisser de 9, dont 7 sur l'hôpital de Sedan ! Avec des conséquences pouvant être très lourdes de patients non pris en charge dans un service de surveillance continue, faute de place, ou pris en charge avec retard.
    Les gestionnaires rêvent d'un hôpital réglé comme un métronome, avec des taux d'occupation toujours près de 100%. Mais ce n'est pas la vraie vie, avec les périodes par exemple où se multiplient des infections bronchiques, source de décompensation cardiaque chez certaines personnes âgées.

    Pour conclure, ce plan de performance est totalement à revoir. Il a deux énormes défauts : son but essentiel est de faire des économies, alors qu'il est urgent de redonner des moyens de fonctionnement à l'hôpital public en augmentant notablement l'enveloppe des dépenses hospitalières prévue dans la loi de financement de la sécurité sociale. Par ailleurs les seuls soignants ayant eu voix au chapitre sont les présidents de CME, éventuellement les chefs de pôle, caractérisés par leur goût du pouvoir et leur soumission aux desiderata administratifs. Curieusement ce ne sont que des hommes : un peu de parité ferait sans doute le plus grand bien ! En finir avec l'organisation hiérarchique par pôle et donner du pouvoir d'intervention sur leur travail tant aux personnels médicaux que paramédicaux est la seconde urgence.

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  • Contrat Local de Santé d'Ardenne Métropole

    Gâchis financier, pseudo démocratie et bruissement stérile !

    L'Agence Régionale de Santé (ARS) a entrepris l'établissement de contrats locaux de santé (CLS) avec les différents territoires de la région.
    A Reims, il n'y avait même pas notion que c'était une ville étudiante ... alors que l'on connaît les problèmes de santé des étudiants !
    Dans la pointe des Ardennes, le contrat, signé en décembre 95, avait fait l'objet de larges concertations : il faut dire que cela faisait suite à des mobilisations. Mais l'ARS, depuis, choisit les membres du comité de suivi : il ne faudrait pas qu'il y ait des vagues !
    Il semble que la pédale d'accélérateur ait été enfoncée pour multiplier les territoires où sont signés ces contrats, mais les représentants des usagers dans la conférence régionale de la santé et de l'autonomie ou les conseils territoriaux n'en sont pas tenus au courant. Quelque fois qu'ils mobilisent les usagers de leurs associations, vous vous rendez compte : si cela faisait du bruit ! Alors, c'est par la presse qu'on apprend ici ou là la mise en place d'un tel contrat !
    C'est donc par la presse locale du 11 mai que l'on apprend qu'un Contrat Local de Santé est à l'étude dans Ardenne Métropole (en page de Charleville-Mézières, même si cela concerne aussi le Sedanais !), avec un questionnaire en ligne qui devait être clos le 9 mai, mais prorogé jusqu'à fin mai, au vu du manque de réponse. C'est vrai qu'on va tous, tous les jours, sur le site internet d'Ardenne Métropole pour voir ce qu'il y a de nouveau ! Car en plus, même averti par la presse, il faut le trouver, le questionnaire : il n'est pas dans les actualités ! Il faut deviner que la santé est une question d'"Aménagement et Développement". Et quand enfin vous trouvez, vous lisez que le questionnaire est à remplir pour le 9 mai. Il faut ouvrir les questionnaires pour découvrir que le report annoncé par la presse est vrai ! (Pour vous évitez de chercher, cliquez ici)
    Bref, entre l'ARS et l'Agglo tout a été fait pour ronronner tranquillement : juste un petit bruissement pour faire croire que l'on concerte !
    Un gâchis financier : allons voir un peu plus loin. On découvre que l'ARS a eu recours à un cabinet de conseil, Acsantis ! Comme pour l'élaboration d'autres CLS ! Combien a-t-elle payé ? Ou c'est l'agglo qu paie ? C'est comme pour le plan de performance des hôpitaux du Groupement Hospitalier de Territoire, soumis aux conseils d'un autre cabinet privé. La suppression de postes de fonctionnaires des DDASS et DRASS dans le cadre de la mise en place des ARS et des plans successifs de réduction du nombre de fonctionnaires se traduit par une externalisation de ces travaux, pourtant essentiels. Ah, ces cabinets sont indépendants, vous dira-t-on ! Indépendants de quoi ? Priés de faire du politiquement correct pour avoir la prochaine commande ! Et hors sol ! Se contentant de plaquer des réponses standards aux questions posées, avec un petit habillage.
    Le document de présentation, trouvé sur le site d'Ardenne Métropole donne déjà les axes du CLS : la démographie médicale et la coordination entre les acteurs. Tiens, il ne va même pas être question de prévention !
    C'est un document très décevant, et l'ARS sait mieux faire, comme le portrait de territoire que l'on trouve ici sur le site de l'ARS, qui ne semble même pas utilisé. Dans le document d'Acsantis, même pas de comparaison possible avec les chiffres nationaux pour la densité médicale, une carte de l'offre hospitalière datant de 2010, ce qui permet de croire que la clinique de Villers Semeuse existe toujours, alors qu'elle a été rachetée par ORPEA en 2013 pour être transformée en maison de retraite.
    Avec des commentaires orientés, comme le fait de souligner l'importance du taux de fuite des malades du Nord des Ardennes vers d'autres établissements de soins que ceux de la comm. d'agglo ! Et sans même faire la part entre habitants extérieurs à la comm d'agglo, en particulier ceux de la pointe, qui très légitimement vont se faire soigner au plus près, donc en Belgique et ceux de la comm d'agglo qui vont vers le privé rémois.
    Sur le médico social, pas mieux que les documents de l'ARS avec une absence de distinction entre EHPAD publics et privée et une carte des implantations qui a quand même 6 ans d'âge ! Avant même la constitution d'Ardenne Métropole : qui va payer pour ce copier/coller ?
    Je vous passe l'expression "problèmes avec le prix de revient des personnes dans les EHPAD". Qu'il y ait des difficultés avec les restants à charge pour les personnes âgées et leur famille, tout particulièrement dans le secteur privé est évident, mais ce n'est pas le prix des personnes !
    Venons en au questionnaire vis à vis des habitants.
    Premier écran assez standard (tanche d'âge, lieu d'habitation ...). On notera quand même qu'en ce qui concerne la couverture sociale, mutuelles et assurances privées sont dans le même sac.
    Le deuxième écran porte sur l'expérience de l'offre de soins : nombre de visites chez le médecin généraliste dans les douze derniers mois par exemple. Je ne vois guère quelles statistiques fiables vont pouvoir sortir d'une telle enquête biaisée par l'absence de représentativité de la population répondante : il est douteux que ses caractéristiques sociologiques soient les mêmes que celles de toute la population de l'agglo : le fait même de la nécessité d'une démarche volontaire trie la population.
    Troisième écran pour noter ce qui a de l'influence sur l'état de santé de la personne répondante ; mais qui sait si c'est l'activité physique ou les conditions de travail, la pollution de l'air ou les habitudes alimentaires qui altèrent sa santé ? On aurait préféré des propositions d'actions mises en débat.
    C'est seulement à la fin du quatrième écran que le questionnaire porte sur les améliorations voulues mais c'est bien encadré ! Il faut choisir trois actions parmi sept et si l'on retire la dernière, le soutien aux maisons de santé pluriprofessonnelles, qui fait la part belle au libéral, alors qu'il faudrait créer des centres de santé, il en reste six, qu'on ne saurait opposer. Faut il retirer la prévention pour cocher la coopération, ou l'accessibilité pour retenir l'amélioration du maintien à domicile ? Et si la question de l'accessibilité financière est posée dans les rubriques précédentes, elle ne figure pas au titre des actions à mener. Bref, ce questionnaire est un simulacre de concertation, une pseudo démocratie,
    Sur quoi va conduire ce Contrat Local de Santé ? Dans sa contribution au projet régional de santé, le Conseil Economique Social Environnemental Régional du Grand Est notait qu'il fallait une mobilisation de moyens financiers et humains à la hauteur des ambitions. C'est aussi vrai pour ce CLS, sinon il n'aura été -je voulais écrire, qu'agitation stérile mais il n'y a même pas d'agitation pour faire connaître - il n'aura été qu'un bruissement stérile.
    Et pour conclure, je reprendrai une des dernières phrases de cette même contribution du CESER (que vous pouvez retrouver ici) :" Le CESER suggère que les représentants des usagers soient encouragés à participer à toutes les instances, et en particulier dans le cadre des CLS. ". La suggestion ne semble pas reprise par l'ARS. Elle est pourtant de bon sens !

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