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Le blog de Michèle Leflon - Page 36

  • Le revenu de base universel, une idée d'apparence généreuse, mais dangereuse !

    L'Ardennais/l'Union de ce dimanche consacre une pleine page à cette idée. Une fois n'est pas coutume venant de cette presse bouffée par le monde de la finance, je tiens à souligner la qualité de cet article pour sa synthèse des différentes propositions, dans notre pays et à l'étranger.
    Le revenu de base apparait comme une idée séduisante pour plein de raisons :
    - déjà pour lutter contre la misère, en particulier des jeunes,
    - par son universalité, intéressante dans notre société fragmentée, où la jalousie des bénéficiaires du RSA par ceux qui travaillent et n'y arrivent pas du fait de leur salaire de misère est exploitée par l’extrême droite et où la culpabilisation des personnes en recherche d'emplois est scandaleuse,
    - pour sa solution apparente face à la précarité de l'emploi, au développement de l'autoentrepreneuriat, du free-lance.
    Mais c'est une idée dangereuse !
    Déjà, étonnons nous qu'elle puisse être défendue par des tenants de l'idéologie libérale. Certes, comme le dit l'article de l'Ardennais/l'Union, il s'agit pour eux d'un revenu insuffisant pour vivre pour inciter au travail. Alors, pourquoi le défendent ils ? Pour avoir la paix sociale et surtout pour maximiser les profits ! Car quelle occasion magnifique pour baisser les salaires (il y a en complément le revenu de base), supprimer les indemnités chômage, les indemnités journalières en cas de maladie, baisser les retraites : bref, baisser le coût du travail. On Vaut Mieux Que Cela ont dit tous les jeunes et les moins jeunes contre la loi El Khomri et à juste titre !
    Donner un revenu suffisant pour permettre de vivre, disent, pour reprendre les termes de l'article "les partisans d'une vision émancipatrice" avec en ligne de mire la possibilité d'avoir du temps pour des activités associatives, culturelles ... avec des pistes légitimes pour en trouver les moyens, mais avec une ligne de partage bien floue  avec la précédente proposition, car cela pourrait facilement être récupéré en "on crée déjà le revenu universel et on en augmentera le montant quand on en aura les moyens". Autant dire la possibilité grande ouverte pour justifier la baisse du coût du travail pour des gouvernements malhonnêtes et à cela, on a gouté !
    Alors, il y a la proposition portée par Bernard Friot, de salaire à vie qui pourrait paraître plus progressiste. Il l'illustre souvent, encore dans un débat à la fête de l'Humanité, repris par l'Humanité de vendredi dernier, (à lire en cliquant ici) par la fonction publique hospitalière. Cet exemple même montre l'insuffisance de la proposition car ces personnels sont majoritairement en souffrance actuellement du fait d'une distorsion majeure entre leurs aspirations à un travail bien fait et les contraintes qu'ils subissent. Les conséquences en sont gravissimes, avec des suicides qui se multiplient, au delà de ceux révélés publiquement, et un absentéisme entraînant un véritable cercle vicieux sur les conditions de travail, mais des arrêts bien justifiés pour se protéger du point de rupture, du burn out. Cela montre bien que la " copropriété d'usage de son outil de production" pour reprendre l'expression de B. Friot  ne suffit pas à assurer l'émancipation dans le travail dans une société non communiste ! Il faudrait que ce soit une copropriété donnant des pouvoirs et cela suppose que notre peuple reprenne le pouvoir sur la finance, sur l'oligarchie médiatico-politique liée à la finance qui nous gouverne !
    D'autres solutions existent, moins "sexy" mais plus sures pour mettre en difficulté le capital !
    Elles sont, à la fois projets à porter dans ces campagnes électorales qui s'annoncent, et objets de lutte !
    - lutter contre la misère avec l'augmentation des minima sociaux et pour la jeunesse une allocation d'autonomie (plutôt qu'un revenu universel hypothétique pour tous, assurons donc un revenu universel à ceux qui portent l'avenir de notre pays et en ont besoin pour se former !)
    - développer l'emploi en le sécurisant avec la sécurité sociale professionnelle que porte la CGT, avec une forte diminution du temps de travail (32 et pourquoi pas 30 h), créatrice d'emploi ... et donnant du temps pour d'autres activités, associatives, culturelles.
    - assurer des droits nouveaux aux salariés dans leurs entreprises
    - se battre pour le développement du service public (et la prise en compte de toutes ces taches d'utilité sociale des associations)
    - reconnaître l'importance de la culture, du sport pour tous et exigeons en les moyens
    Reprenons le pouvoir sur celui de l'argent en luttant contre l'évasion fiscale, en exigeant un nouveau rôle pour les banques liant le crédit à son utilité sociale et environnemental. J'arrête là, mais vous voyez bien que cela implique tout plein d'autres choses, en terme de changement constitutionnel, de refonte complète de l'Europe ....Mais on ne gagnera pas une société émancipatrice d'un coup de baguette magique  et évitons les retours de bâtons d'idées récupérables par le grand capital !

    Catégories : Ardennes, Au fil des jours Lien permanent 0 commentaire
  • Pour le gouvernement, l'insertion des personnes en situation de handicap, ça passe après tout le reste !

    On vient d'apprendre une ponction de 30 millions d'euros sur le FIPHFP décidée par le gouvernement pour financer la sécurité des universités !
    C'est quoi le FIPHFP ? Le fond pour l'insertion des personnes handicapées dans la fonction publique. Il y a en effet une obligation d'embauche de 6% de travailleurs handicapés, avec amende pour les employeurs ne respectant pas cette obligation, amende versée à l'AGEFIPH dans le privé, au FIPHFP dans la fonction publique, ces deux fonds utilisant les ressources ainsi trouvées pour faciliter l'insertion professionnelle des personnes en situation de handicap : formation, aménagement de postes ...
    C'est un mécanisme vertueux, incitant les employeurs à embaucher des personnes en situation de handicap, tout en réservant les recettes ainsi trouvées (en principe) à améliorer la situation de ces personnes.
    Les universités avaient un régime de "faveur" avec une dérogation pour n'acquitter que le tiers de la somme due au FIPHFP, soit 15 millions en 2015 au lieu de 45. On peut déjà se demander pourquoi leur avoir accorder cette dérogation, contraire à l'esprit d'incitation à l'emploi de travailleurs handicapés. On sait les difficultés financières des universités, mais c'était déjà une tricherie des gouvernements successifs : diminuer les ressources du FIPHFP au lieu d'augmenter le budget des universités.
    La dérogation devait prendre fin cette année.
    Le gouvernement vient d'annoncer la prolongation de cette dérogation pour au moins un an.  Najat Vallaud-Belkacem a justifé cette décision par les dépenses que les universités doivent engager pour la sécurité à la suite des attentats ! Sans commentaire !

    Catégories : Au fil des jours, Education, formation, santé et protection sociale Lien permanent 1 commentaire
  • Santé et protection sociale en débat à la fête de l'Humanité

    Santé et protection sociale en débat à la fête de l'Humanité

    La fête de l'humanité, cet immense moment de fraternité, est un lieu de spectacles, de repas pris en commun. C'est aussi une immense librairie progressiste et un lieu de débats.
    Voici les débats que j'ai recensés, sur les sujets de la santé et de la protection sociale. J'en ai sans doute oublié !
    Les enjeux de la psychiatrie samedi de 11h à 12h30 au stand de la Seine et Marne
    avec Laurence Cohen (sénatrice PCF),  Pierre Dardot (philosophe), Dr Pédro Serra (psychiatre), Mireille Stivala (syndicaliste) animé par Serge Klopp (PCF)
    Le 100% sécu samedi de 15 h à 16h30 au stand de la fédération du Val de Marne
    avec avec Frédéric Rauch (PCF), Jean-Claude Chailly (Convergence), Philippe Batifoulier (économistes attérés)
    Les politiques publiques de santé samedi 15h Espace débat des sections du Val d’Oise
    avec des syndicalistes des établissements en lutte,  un médecin (FO), Christophe Prudhomme (AMUF), Jean-Pierre Blazy (maire PS), Évelyne Van der Hem (PCF)
    La désertification médicale samedi de 17h à 18h30 au stand de la fédération de l’Hérault
    avec le Dr Éric May (syndicaliste), Marie Piqué (VP Région Occitanie, PCF), Philippe Batifoulier (économistes attérés), Théau Poulat (responsable santé de l'UEC) , Hélène Derrien, (présidente de la Coordination Nationale des Hôpitaux et Maternités).
    Marchandisation des produits sanguins samedi 17h Fédération de la Drôme
    avec Jean-Pierre Basset et Jean-Luc Gibelin (PCF)
    Révolution numérique: Quels bouleversements dans la Santé ? dimanche à 11h à l'espace-débats Bretagne
    avec Sophie Pène (Professeur à l'Université Paris Descartes, anthropologue des pratiques numériques), Yann Le Pollotec (PCF),  Irène Franchon (lanceur d'alerte du médiator), Isabelle Lorand (PCF) et Christiane Caro (PCF)
    A qui profite le coût des complémentaires santé ?  dimanche à 12h 15 au village de l'économie sociale et solidaire
    avec Nathalie Hiraux , Jean-Jacques Verchay , Michel Katchadourian , Sylvie Dubois , Christophe Prudhomme, Bernard Teper en partenariat avec l’UNAM
    Santé, la prévention face aux risques sanitaires dimanche à 16 h à l'Agora de l'Humanité
    avec Dominique Maraninchi, ancien président de l'Agence du médicament et initiateur de la pétition des cancérologues contre l'explosion des prix. Olivier Maguet, chargé de la campagne médicaments à Médecins du monde. André Cicolella, toxicologue spécialiste de santé environnementale et Jean Luc Gibelin (élu PCF)

    Catégories : Au fil des jours, santé et protection sociale Lien permanent 2 commentaires
  • Tous dans la rue le 15 septembre contre la loi El Khomri !

    La loi El Khomri de casse du travail a été promulguée sans même avoir été votée. Jamais les profits n'ont été aussi élevés alors même que les investissements des entreprises se font rares !
    Et les cadeaux au patronat se multiplent !
    J'en ai encore découvert un ! Dans 24 départements, dont les Ardennes, une instruction récente de Pôle Emploi autorise les AFPR pour des contrats de moins de six mois. De quoi s'agit-il ? L'allocation de Formation Préalable au Recrutement permet d'ajuster les compétences d'un chômeur à un emploi. Ces formations sont payées par Pôle Emploi, (à la fois donc par les cotisations chômage, l'Etat, et dans notre région le conseil régional, puisque le nouveau président de droite n'a rien réussi à faire de mieux que de rendre à Pôle Emploi la majeure partie de ce que le gouvernement donnait au Grand Est dans le cadre du plan national de formation pour les demandeurs d'emploi). Elles étaient jusque là conditionnées à une promesse d'embauche de plus de six mois : une condition tout à fait légitime, quand on sait ce que sont ces "formations", parfois de vraies formations, mais trop souvent résumées à un tutorat dans l'entreprise, c'est à dire en fait à une période en entreprise, payée par Pôle Emploi, encadrée, comme devrait l'être tout nouveau salarié, pour découvrir les spécificités de la boite, où on range quoi, quelles sont les habitudes ..., bref, une pseudo formation qui ne servira à rien à la fin du contrat ... puisque ce n'est qu'une adaptation à la boite. Mais une aide aux patrons pour ne plus hésiter à un contrat court, puisque la période d'adaptation nécessaire du salarié ne sera plus à sa charge ! Et une manière d'augmenter le pourcentage de chômeurs "formés".
    A Charleville-Mézières, la manifestation du jeudi 15 septembre débutera à 13 h 30 à la préfecture par un dépôt de motion, avec un départ en cortège vers la place ducale à 14 h 30.

    Catégories : Ardennes Lien permanent 0 commentaire
  • Rythmes scolaires : Hollande a fini la casse engagée par Sarkozy !

    Je n'aurais pas du ouvrir la télé ce midi. En plus, ce n'est pas dans mes habitudes.  Au journal de France 2, un reportage sur la différence de traitement par la mairie entre deux communes voisines des Ardennes ! Inutile de dire que j'ai regardé attentivement !
    Et je me suis précipitée sur mon ordi pour ce billet !
    Il s'agissait de Nouzonville et de Charleville-Mézières. A Nouzonville, commune ouvrière, avec tout ce que cela veut dire en cette époque de suppression d'emplois dans l'industrie, 25% des enfants participent aux activités périscolaires payantes. A Charleville-Mézières, chef lieu du département, 50% des enfants participent à ces mêmes activités : elles sont gratuites !
    Rappelons nous. Pour les plus anciens, comme moi, nous allions à l'école 30 heures par semaine, du lundi au samedi, avec une coupure le jeudi. Puis on est passé à 27, puis 26 et enfin 24 avec Sarkozy. Comment peut on envisager d'appendre plus de choses en 24 heures qu'en 30 ? Car c'est bien plus que l'on demande aux enfants d'aujourd'hui ! Comment les enseignants peuvent ils faire pour faire l'école comme si les enfants n'avaient que celle-ci pour apprendre ? Car, c'est bien cela qui est nécessaire pour lutter contre les inégalités sociales, culturelles ...
    Les enfants sont fatigués, me direz vous. Evidemment, on les mène à un rythme d'enfer, à une intensification des apprentissages. Ce n'est pas la longueur du temps passé à l'école qui fatigue, c'est l'intensité de ce temps, ce qui laisse de côté les plus fragiles.
    La réforme de Sarkozy n'allait pas (Vous avez entendu, il voudrait encore faire des économies !). Alors, Hollande a fait une réforme pour faire croire qu'il changeait ... en rajoutant trois heures facultatives à la charge des communes : la casse de l'égalité républicaine ! Ce qui n'a rien changé à l'intensification des apprentissages, tout au plus peut on évoquer une meilleure répartition des heures de classes, mais donne un nouveau lieu à ceux qui ont en le moins besoin pour apprendre en dehors de l'école !
    Je ne vais pas vous dire que Charleville-Mézières est une ville riche (elle est d'ailleurs tellement dans les strates des communes pauvres que l'ancien maire de la ville fait remarquer dans les colonnes de la presse locale  de ce matin qu'elle n'a pas eu de baisse de dotation) mais évidemment, les moyens sont plus importants dans une ville de 50 000 habitants que dans une ville de 6000 avec une population très pauvre, ne serait ce que les choix budgétaires possibles.
    Je ne suis quand même pas persuadée que le maire de Nouzonville n'avait pas d'autres choix budgétaires, comme d'ailleurs le maire de Bogny sur Meuse, commune voisine, une des premières à mettre en place dans le départements les nouvelles activités périscolaires payantes (là, des amis m'ont concrètement indiqués d'autres choix budgétaires possibles). Et ce que n'a pas dit le reportage à France 2, c'est que le maire de Nouzonville est le secrétaire départemental du PS et que la cantine augmente aussi considérablement en cette rentrée dans cette commune.
    Des familles triplement pénalisées à Nouzonville, car c'est aussi le transport scolaire pour aller au lycée qui devient payant (comme dans toute la communauté Ardenne Métropole dont fait partie cette commune), mais plus pénalisées encore qu'à Charleville Mézières, car pour aller dans les lycées professionnels il faut prendre le train et le bus .... et prendre deux abonnements différents !
    Avec en illustration de cette article le seul buste de Jean Baptiste Clément en France : il est à Nouzonville.

    Catégories : Ardennes, Education, formation Lien permanent 0 commentaire