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Le blog de Michèle Leflon - Page 23

  • Ni incantation, ni faux débat entre Régions de France à Droite et la Macronie ne régleront les questions de formation et d'emploi.

    Actualité s'il en est, puisque l'Assemblée Nationale a débattu hier sur les crédits "emploi et travail" du budget 2018, tandis que Régions de France, structure représentative des exécutifs des régions, présentait hier aussi ses "18 propositions de réformes de la formation professionnelle et de l’apprentissage pour gagner la bataille de l’emploi."
    Quelques mots déjà du budget de l'état : la grande "nouveauté" de cette année, c'est la coupe dans les emplois aidés, et quoi que l'on pense de ces emplois, ils ne peuvent être supprimés sans solution, à la fois pour les personnes qui en bénéficient et pour les employeurs publics et associatifs pour lesquels ils effectuaient un réel travail, financé par l'Etat, des missions d'utilité sociale qui ne sont plus assurés avec la disparition des financements.
    Les propositions de Régions de Franceretrouver ici) consistent surtout à se renvoyer la balle avec le gouvernement sur les différentes compétences, sans poser les questions de fond de la décentralisation : comment mieux répondre aux besoins avec des décisions appuyées sur une démocratie de proximité ? Comment financer ? Comment assurer l'égalité d'accès aux services publics sur l'ensemble du territoire français ?
    En ce qui concerne la formation professionnelle des jeunes (lycées professionnels, apprentissage), il faut dire que la Macronie est au summum de son idéologie au service des riches en proposant que l'apprentissage soit géré par les branches professionnelles. Alors qu'une précédente loi donnait un rôle aux régions dans la définition de la carte des formations professionnelles, pour plus de cohérence entre lycées et apprentissage, le gouvernement voudrait leur retirer l'apprentissage. L'étape suivante sera-t-elle les lycées professionnels aux mains des branches patronales ? Ping-pong et les régions réclament la gestion des BTS et licences professionnelles, bref, la déconstruction d'un enseignement supérieur géré par l'Etat : il est déjà suffisamment en difficulté pour ne pas être dépecé au détriment des jeunes. Cela serait aller un peu plus vers un enseignement "noble" permettant l'accès à des hauts niveaux de qualification pour certains et à un enseignement professionnel au service du patronat pour les autres, cantonnés dans les formations régionales, correspondant aux besoins de plus en plus important du patronat de salariés qualifiés de niveau III mais bien dociles. Mais ni le gouvernement, ni les régions ne posent les vraies questions, celles des ressources des jeunes pour vivre pendant leurs études, pourtant un argument souvent de poids dans leur choix entre apprentissage et formation de type plus scolaire. La presse locale du jour évoque d'ailleurs les difficultés des élèves infirmières dans le Grand Est, la région étant devenue beaucoup plus restrictive que la Champagne Ardenne dans les critères d'attribution des bourses. Mais cette question essentielle des moyens pour vivre pendant ses études est inconnue de la droite et de la Macronie !
    Pour l'orientation, les régions rêvent de s'approprier le service public d'orientation de l'Education Nationale, pour le mettre au service du patronat, freiner les ardeurs des jeunes à aller vers des formations émancipatrices pour les cantonner aux besoins immédiats du patronat, quelque chose de très dangereux pour l'avenir d'ailleurs en n'anticipant pas les besoins de demain !
    Quant à la formation des demandeurs d'emploi, on est dans la démagogie ! Faire croire que la formation réglera la question du chômage ! Elle règle des situations à l'échelle individuelle et elle contribue globalement au progrès de notre société. Mais le nombre d'emplois vacants est bien inférieur au nombre de personnes privées d'emploi et les emplois soit disant difficiles à pourvoir sont soit hautement qualifiés, dépassant le cadre d'une formation de quelques mois, soit particulièrement précaires et cela n'a rien d'étonnant à ce qu'une entreprise ne trouve pas sur le "marché" de l'emploi quelqu'un qui soit déjà apte à remplacer un salariés formé depuis des années à l'utilisation d'une machine très spécifique ou d'un logiciel ! Il semble que la Macronie soit un peu tentée de se débarrasser du fardeau de Pôle Emploi, synonyme du chômage et que les régions prétendent mieux faire. Très symboliquement, le nouvel exécutif du Grand Est n'a plus de vice-président en charge de la formation professionnelle : l'intitulé est devenu "emploi" avec d'autres élus en charge de l'apprentissage (avec les lycées) de l'orientation (avec la jeunesse) ... mais rien pour la formation des demandeurs d'emploi, pourtant un gros budget pour la région ! Adapter la formation à l'emploi est devenu le leit-motiv à tel point que les formations de "remédiation" disparaissent, c'est à dire qu'un demandeur d'emploi non retenu à des tests d'entrée dans une formation ne pourrait plus accéder à une formation "préparatoire", bref se retrouve dans l'impasse.

    Catégories : Champagne Ardenne, Education, formation Lien permanent 0 commentaire
  • La médecine scolaire en péril

    Dans mon précédent article, je faisais état du mépris de la ministre de la santé pour la médecine scolaire (Excusez moi d'utiliser ce terme de mépris, mais il n'y en a pas d'autres pour une ministre qui regrette que des médecins puissent préférer la médecine scolaire à une installation de médecine générale dans des zones déficitaires)
    Il se trouve que l'Académie de Médecine vient de publier un rapport à ce sujet : il est court (17 pages y compris les annexes), mais contient sans doute tout ce qu'il faut savoir à ce sujet : l'historique, le fait que la loi ne soit pas respectée (l'obligation d'un examen par un médecin scolaire dans la sixième année) et des propositions d'organisation et de formation qui semblent rationnelles.
    On y apprend entre autre qu'une évaluation de la médecine scolaire avait été demandée par le ministre en 2015 : le rapport de cette mission d'évaluation n'est toujours pas publié ! Cela évite évidemment de prendre les mesures qui s'imposent.
    A l'heure où la ministre de la santé établit la stratégie nationale de santé pour les années à venir, la totale impasse faite sur la prévention à l'école rend caduque tout discours tendant à vouloir accréditer la priorité donnée à la prévention.
    Pour lire le rapport de l'académie de médecine, cliquez ici.

    Catégories : Education, formation, santé et protection sociale Lien permanent 0 commentaire
  • Devant la catastrophe sanitaire qui s'annonce faute de médecins, la ministre propose de ne rien faire !

    Elle ne veut pas augmenter le numérus clausus ... parce que ce n'est pas d'effet immédiat, mais ça fait 20 ans qu'on dit cela.
    Mais en plus, lors de la discussion du projet de loi de financement de la Sécurité Sociale 2018 à l'Assemblée nationale, elle a eu une réponse extraordinaire à une proposition de conventionnement sélectif des médecins généralistes : "Or, actuellement, c’est une pénurie de médecins que nous avons à gérer, dans tous les secteurs : en médecine du travail, en médecine scolaire, dans l’industrie pharmaceutique. Si, par le conventionnement sélectif, nous tentons d’obliger les médecins à s’installer dans des zones sous-dotées, tout ce que nous y gagnerons, c’est qu’ils iront exercer un autre métier salarié ailleurs. Nous ne réussirons pas si nous gérons la pénurie par le conventionnement sélectif, car ce n’est pas un mécanisme de régulation adapté à une profession sous-dotée."
    Serait il si dramatique que des médecins se tournent vers la médecine scolaire ou la médecine du travail ?
    En ce qui concerne la médecine scolaire par exemple, la situation de pénurie est telle que dans le projet de Plan Régional de Santé du Grand Est est donné comme objectif que tous les enfants bénéficient de l'examen médical obligatoire dans leur 6ème année ... dans des territoires prioritaires (à définir avec l'Education Nationale), grâce à une organisation incluant médecins généralistes et pédiatres.
    Cette intervention de la ministre témoigne bien de l'inquiétude des pouvoirs publics vis à vis de la situation, de l'affolement même au vu de l'absurdité de cette réponse, et accessoirement, elle reconnait qu'un médecin puisse préférer être salarié à une installation dans un territoire qui ne lui plait pas !
    A force de ne rien faire, la situation devient de plus en plus complexe, mais elle n'est pas sans solutions, des solutions que j'ai déjà abordées dans un précédent article, à retrouver ici

    Catégories : santé et protection sociale Lien permanent 0 commentaire
  • A lire ! Bien loin du fatalisme ambiant.

    7leviers-une-500x750.pngJe ne saurais que trop vous recommander la lecture du petit livre de Denis Durand : Sept leviers pour prendre le pouvoir sur l'argent.
    Avec une grande clarté, accessible sans guère de connaissances en économie, ce livre explique comment il est possible de reprendre le pouvoir sur l'argent, un élément capital pour changer la vie, en évitant que la recherche du profit maximum ne se substitue à la recherche du bien commun.
    Bien loin du fatalisme qui freine les luttes contre les politiques ultralibérales de Macron, ou de l'attente du grand soir ... qui ne vient jamais, Denis Durand donne des pistes d'actions concrètes, de luttes à mener, du local dans l'entreprise en exigeant plus de droits pour les salariés dans les choix stratégiques de leur entreprise au mondial, avec la lutte contre l'hégémonie du dollar, à remplacer par une monnaie commune mondiale.
    A ceux qui s'interrogent sur les possibilités d'inverser la construction européenne pour la mettre au service des peuples, ce livre fournit aussi des éléments de réflexion et des propositions à travers l'action pour la création d'un fond européen pour le développement des services publics, une manière de retourner le pouvoir de la Banque Centrale Européenne contre les marchés financiers.
    Et oui, l'économie n'est pas, comme certains voudraient nous le faire croire, une science dure, avec des règles auxquelles il nous faudrait nous plier, comme à la pesanteur, mais bien une science humaine, celle des rapports sociaux de production et d'échange ! Et ces rapports, on peut les changer !

    Catégories : Au fil des jours Lien permanent 1 commentaire
  • Projet de loi de financement de la Sécurité Sociale 2018

    Un prix à la ténacité du combat mené par le grand patronat depuis 1945 pour tuer la sécu :  des moyens pour faire tomber cet édifice de solidarité !
    Pour la première fois, le financement par la fiscalité devient majoritaire pour l'assurance maladie : l'état, qui avait déjà beaucoup imposé à la CNAM et aux CPAM, va pouvoir se passer de l'avis des partenaires sociaux pour mieux servir les intérêts des assurances privées !
    Et pour ceux qui douteraient des cadeaux au patronat, la transformation du CICE (Crédit Impôt Compétitivité Emploi) en exonérations de cotisations sociales définitives, avec double cadeau en 2019 (à la fois bénéfice du CICE et exonération des cotisations sociales) est là pour témoigner que pour le gouvernement, le travail est une charge, pas une richesse ... et pourtant, à quoi servirait le capital sans lui !? Même France Stratégie, une institution rattachée au Premier Ministre, estime, dans son rapport, que le CICE s’apparente surtout à une politique publique inconditionnelle de reconstitution des marges des entreprises. Et le dernier rapport annuel du comité de suivi du CICE conclut à un effet modéré du dispositif sur l’emploi. Les estimations sont difficiles et l'incertitude grande vu l'absence d'exigence de contrôle sur les entreprises. En prenant le chiffre moyen de 100 000 emplois créés ou sauvegardés pour un manque à gagner pour l'Etat de 20 milliards d'euros, cela fait un coût de 200 000€ par emploi, incomparable avec le coût des contrats aidés que le gouvernement supprime, avec ses conséquences personnelles, pour ceux qui ne voient pas leur contrat renouvelé, mais aussi collectives du fait de l'importance de l'utilité sociale de la plupart de ces emplois.
    Analysons plus profondément la philosophie de ce PLFSS !
    Remarquons en préalable qu'il vient au moins trois semaines plus tôt en débat à l'Assemblée Nationale que les années précédentes, au milieu du débat sur le budget, histoire de mieux faire comprendre l'intrication des deux, l'étatisation voulue de la sécu (et de fait, quand les Macron/Philippe expliquent que la hausse de la CSG chez les retraités va être compensée par la baisse de la taxe d'habitation, c'est très intriqué !) et sans doute de donner des gages de "bonne conduite" à la commission européenne et aux grands capitaux européens.
    Après la réforme du code du travail, pour plus de sécurité du patronat ... et d'insécurité des salariés, la réforme de la sécurité sociale semble le deuxième volet du gouvernement, avant celui sur la formation professionnelle et l'assurance chômage, pour aller vers une législation du travail européenne minimale de protection des salariés : ce PLFSS 2018 poursuit le travail de réduction à peau de chagrin de la contribution des employeurs au financement de la protection sociale et d'autre part cherche à concrétiser le cadre institutionnel et financier permettant l'implication pleine et entière des complémentaires de santé dans la gestion de l'offre de soins. Ces deux axes d'attaque sont articulés et très cohérents l'un avec l'autre.
    Le précédent gouvernement avait déjà fait un pas important en ce sens en supprimant les cotisations sociales patronales de la branche famille et en remettant en cause son principe d'universalité. La Macronie utilise, poursuivant la transformation en allocations à caractère social, servant à la lutte contre la pauvreté et non à la politique familiale, transformant l'objectif de développement des capacités humaines du pays, moyen de dépassement du capitalisme, en palliatif à ses horreurs. Et concrètement, les grandes annonces pour les familles monoparentales sont financées au détriment des autres familles !
    Comme je l'ai dit en introduction, l'offensive est majeure dans la branche maladie : suppression des cotisations salariales et augmentation de la CSG, nouvelles exonérations dans la foulée du CICE. La fiscalisation devenue dominante dans l'assurance maladie s'accompagne d'une montée en puissance des complémentaires dans l'organisation des soins comme en témoigne l'article 15 du PLFSS (reversement des complémentaires à la sécu pour les nouveaux modes de rémunération).  D'ailleurs selon une ordonnance en préparation, une assurance privée pourrait devenir gestionnaire d'un centre de santé, changeant complètement le sens de ces structures, pouvant ainsi devenir source de profit).
    C'est plus discrètement que le gouvernement touche aux retraites : une simple préparation insidieuse pour les réformes à venir ! Car entre réformes passées et flexibilisation de l'emploi, le niveau des retraites a baissé et la branche est à l'équilibre. Difficile donc une nouvelle réforme, sauf à la rendre "indispensable", "souhaitable" ! Tel est le sens caché de l'intégration dans le régime général des indépendants, des artistes .. : un aspect progressiste, en faisant bénéficier du régime général plus avantageux ces professions, mais au détriment de l'équilibre de la CNAV, et sans doute avec l'arrière pensée d'un mouvement plus large de fusion des régimes spéciaux dans le régime général, y compris pour des professions où les avantages à la retraite sont la contrepartie de salaires réduits !
    Le PLFSS dans le détail
    Je ne vais évidemment pas citer ici les 57 articles du PLFSS, d'autant plus que j'avais déjà écrit dans ce blog à ce sujet après la conférence de presse de la ministre de présentation (à retrouver ici) mais vous donner une idée de son contenu en m'attardant sur certains articles. Selon la structure classique d'un PLFSS, les articles 1 à 3 concernent les budgets 2016 et 2017 de la sécu. L'article 4, s'il ne concerne pas des masses financières importantes, est caricatural : suppression de la C4S. C'était une contribution additionnelle payée par les entreprises dont le chiffre d'affaire dépasse 1 milliard. Quand le gouvernement dit que sa politique, c'est pour les petites entreprises ! Les deux articles suivants concernent 2017.
    Ensuite défilent les deux mesures phares de ce PLFSS, la suppression des cotisations maladies salariées et l'augmentation de la CSG, les exonérations de cotisation pour faire suite au CICE, cela en 2019. Je n'y reviens pas. L'article 9 concerne les créateurs d'entreprise : rien à dire à ce que des facilités soient accordées : on connait tous d'anciens chômeurs à qui il a été conseillé de créer leur entreprise et qui bossent largement plus que 35 h pour moins que le SMIC, mais il est amusant ... ou triste (?) de voir que le seuil de revenu au delà duquel les facilités cessent est bien au dessus de celui des retraités exonérés de la hausse de la CSG. L'article 10 consacre des facilités administratives. Encore une mesure phare avec l'article 11 et la suppression du RSI. Puis vient la hausse du prix du tabac, le verdissement du barème de la taxe sur les véhicules de société, du bricolage sur le prix des médicaments, pas du tout à la hauteur de ce qui serait nécessaire vis à vis de ces pilleurs de la sécu que sont les laboratoires pharmaceutiques. J'ai déjà parlé de l'article 15, augmentant les reversements des organismes complémentaires à la sécu et de l'article 16 (intégration du régime des artistes). Les articles 17 à 24 sont de technique financière et je vous en fais grâce (une technique évidemment sous-tendue par la philosophie décrite plus haut !).
    Après trois articles sur la branche famille et l'amélioration pour les uns, financée par les autres, c'est la même technique pour les retraites : revalorisation du minimum vieillesse mais décalage dans la revalorisation des autres pensions (Très hypocritement, c'est pour aligner toutes les dates de revalorisation au 1er janvier !)
    Puis c'est la branche Accidents du travail/Maladies professionnelles avec du bricolage par rapport à l'amiante, pas du tout à la hauteur de ce drame humain et la concrétisation dans le budget de l'ordonnance sur le compte prévention : j'ai déjà dit ici ce que j'en pense (à retrouver en cliquant ici).
    Vient l'article 34 sur les 11 vaccins obligatoires : si je suis certaine de l'intérêt de ces vaccins, (ils évitent de toute façon plus de maladies qu'ils n'en créent), il est tout à fait dommage que cela ne s'accompagne pas de financement de recherches pour les rendre encore plus surs !
    C'est ensuite une série d'articles concernant l'assurance maladie qui se termine avec ce scandaleux ONDAM (objectif national de dépense d'assurance maladie) à 2,3%. Le gouvernement se vante que c'est beaucoup d'augmentation, sauf qu'il y a eu les revalorisations salariales (trop minimes d'ailleurs pour les personnels) décidées par le gouvernement précédent ... et que pratiquement la moitié de cette augmentation va être mangée par l'inflation : 0,9% en Aout de cette année sur les douze mois précédents selon l'INSEE. L'évolution naturelle des dépenses de santé est évaluée au minimum à 4,5%. Cela va encore entraîner des difficultés insurmontables dans les hôpitaux. Alors, la Buzyn, elle a trouvé la solution : la pertinence des soins et affirme que 30% des prescriptions ne sont pas pertinentes et dans le débat à l'Assemblée Nationale vendredi soir, elle a donné des exemples : " Beaucoup d’entre nous ont déjà reçu un patient se plaignant de douleurs nécessitant un scanner. En attendant de passer ce scanner deux ou trois semaines plus tard, le médecin prescrit une radio : il sait qu’elle n’apportera pas de réponse, mais cet acte permet de faire patienter le malade et de le rassurer. Voilà un acte non pertinent ! De même, beaucoup d’entre nous ont déjà vu, lors de visites à l’hôpital, des malades hospitalisés pendant une semaine, attendant un acte de chirurgie, à qui l’on faisait tous les jours des prises de sang pour justifier leur séjour hospitalier." Ces exemples sont des réalités, même si je doute que cela représente 30% des prescriptions. Sauf que plus on impose des économies par en haut, plus ces attentes se multiplient avec les dépenses collatérales et que ce sont bien des moyens nouveaux, dans le premier exemple de Mme Buzyn, des scanners et des radiologues, qui permettraient à terme de faire des économies. Et oui, il faudrait former des médecins, supprimer le numérus clausus ! Le reste est à l'avenant : sans supprimer la T2A, ce mode de tarification qui a été utilisé pour étouffer les hôpitaux, elle propose des modes de financements complémentaires alternatifs, des dérogations pour innovation, la télémédecine, dans un embrouillamini où les bonnes intentions se mélangent au pire et qui, faute de moyens et de personnels médicaux et paramédicaux sont de toute façon vouées à l'échec : Les difficultés de coordination, si souvent décriées, ce sont avant tout des personnels constamment débordés, le manque de secrétaire ...Et pour donner un exemple du pire, il y a l'article 50 sur l'efficience du service médico social proposant la suppression de l’opposabilité des conventions collectives de travail aux établissements et services sociaux et médico-sociaux (ESSMS) signataires d’un contrat pluriannuel d’objectifs et de moyens ! Quant on sait les conditions déjà actuelles de travail et de salaire de ces personnels.
    Je vous ai mis en vidéo l'intervention générale de Pierre Dharréville, député communiste des Bouches du Rhône sur ce PLFSS. Les interventions des députés communistes ont été très nombreuses pour critiquer, mais aussi proposer. D'ailleurs un amendement du groupe communiste a été retenu demandant au Gouvernement de remettre au Parlement un rapport sur l’exposition des salariés aux risques chimiques, un rapport portant notamment sur les conséquences de l’exposition à ces risques sur la santé des salariés, les actions de prévention existantes, ainsi que les coûts de prise en charge induits pour la sécurité sociale.

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